BD: Pionnière aux USA, Jackie Ormes casse les stéréotypes, fait la femme Noire glamour et élégante

Jackie Ormes est Zelda Jackson. Née le 1er août 1911 dans une famille aisée, elle grandit dans  une petite ville de Pennsylvanie près de Pittsburgh. Autodidacte, elle a été une auteure à succès de plusieurs bandes dessinées et de personnages de dessins animés. l’américaine commence à caricaturer très jeune et publie ses premiers dessins dans les annuaires de son lycée entre 1929 et 1930. Plus tard, sa réputation naitra de ses collaborations d’avec plusieurs journaux influents afro-américains, The Pittsburgh Courier et The Chicago Defender. Nous sommes au milieu du XXème siècle.

Du 1er mai 1937 au 30 avril 1938, la caricaturiste fait vivre Torchy Brown. Ce premier héros axera les préoccupations de la jeune afro-américaine. Sa cible de prédilection : Les questions telles que le sexisme, le racisme, la politique américaine, étrangère ou la justice environnementale dans les quartiers noirs. Précurseur. 50 ans plus tard, une étude de 1987 montrera que, même à salaires égaux, les Noirs avaient plus tendance à vivre dans des zones polluées quand une autre étude confirmera en 2007 que les minorités ethniques représentent 69% de la population dans les quartiers américains qui ont des décharges de déchets toxiques.

Alors que la jeune afro-américaine poursuit des études secondaires, elle choisit de rentrer dans la vie active comme relectrice et journaliste occasionnelle pour l’hebdomadaire afro-américain The Pittsburgh Courier. Elle a 26 ans en 1937, et elle créée «Dixie to Harlem» avec comme personnage principal Torchy Brown. L’histoire d’un adolescent du Mississippi qui se rend à Harlem et trouve la gloire et la fortune au célèbre Cabaret le Cotton Club, à New York. Entre aventure et comédie, Torchy Brown décrit les difficultés des afro-américains, cibles des inégalités sociales chez l’Oncle Sam. Selon l’association Equal justice initiative (EJI), près de 4 000 Noirs auraient été exécutés sans jugement, dans des conditions sommaires, sur une période de 73 ans.

Son travail est inédit, cassant les stéréotypes à une époque où les Noirs étaient généralement représentés de manière désobligeante (Les femmes noires étaient toujours grosses, avaient des bandanas sur la tête, d’énormes lèvres, étaient des porteurs ou des serviteurs comme dans « Autant on emporte le vent »). Non seulement ses rôles principaux étaient des femmes, mais elles étaient fortes, élégantes, intelligentes, urbaines, perspicaces et pleines d’esprit. Des héroïnes qui menaient souvent grand train, des femmes glamour et cultivées.

En 1942, Jackie Ormes est mariée et déménage à Chicago avec son mari, un directeur d’hôtel. Le couple devient une figure importante de la société afro-américaine. Jackie sort une nouvelle bande dessinée Candy et collabore désormais avec le Chicago Defender, l’un des principaux journaux afro-américains des États-Unis. Cette fois, pendant plusieurs mois, du 24 mars au 21 juillet 1945, Candy apparaîtra dans le journal comme une femme de chambre intelligente et sage.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, retour à la case départ, au Pittsburgh Courier. Cette fois avec une nouvelle bande dessinée : Patty-Jo ‘n’ Ginger qui aura une longévité inégalée, d’octobre 1945 à octobre 1956. Ce duo grande sœur / petite sœur avec Ginger, la sœur aînée élégante et belle (dessinée dans un style Pin-up), et Patty-Jo la sœur cadette précoce et franche, sera vu pendant onze ans dans le quotidien Pittsburgh Courier.

Surveillée par le FBI à la fin des années 40, la caricaturiste noire syndiquée a continué dans la bande dessinée jusqu’en 1956. Elle a siégé au conseil d’administration du Musée DuSable d’Histoire et d’Art Afro-américains. Jackie Ormes influenceuse dans la mode, créatrice des premières poupées féministes et célébrée dans les milieux sociaux  afro-américains s’est éteinte le 26 décembre 1986. 

La dessinatrice de BD est morte d’une hémorragie cérébrale après avoir longuement souffert de polyarthrite rhumatoïde, l’empêchant de dessiner durant les dernières années de sa vie. Selon les critiques de l’époque : « Les lecteurs ont vu que si Ginger pouvait obtenir son diplôme universitaire et si Torchy pouvait contester le statu quo raciste de l’époque, ils étaient capables de faire de même. ». Jackie Ormes était une source d’inspiration pour les gens de son époque et sans doute aussi, pour ceux d’aujourd’hui.

 

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Bud’s Arts Books  Source Nancy Goldstein

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