Karine Nubret, médecin au CHU de Bordeaux, lance un cri d’alerte aux patients atteints de pathologies chroniques

«Les malades doivent nous faire confiance. Les patients doivent revenir en consultation».

Karine Nubret, praticienne hospitalière à Bordeaux, spécialisée en chirurgie cardiaque et en pédiatrie rejoint un grand nombre de médecins qui s’alarment d’une désertion flagrante des cabinets de consultations de ville mais également l’absence de malades hors Covid, aux urgences et en consultation hospitalière. Les chiffres de Santé Publique France sur 3 semaines, donnent une idée de cette déflagration des visites tant en hôpital qu’en ville : 35% de passage en moins aux urgences pour infarctus et 27% de moins pour les AVC.

A Bordeaux comme dans le reste de la France c’est le même constat, les malades non-Covid boudent ostensiblement les urgences. Les parents sont frileux à l’idée de conduire leurs enfants chez le pédiatre et les malades craignent de contracter le virus en se déplaçant dans les centres médicaux.  Seulement les maladies chroniques et autres problèmes de santé n’ont pas disparu, rappelle le corps médical. À l’instar de ses confrères Karine Nubret, depuis le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux, lance un appel insistant à tous ceux qui ont des pathologies graves et qui reculent leurs examens à des dates ultérieures.

Des choix qui ne sont pas sans conséquences note la pharmacienne Jocelyne Wittevongel. Interrogée en début de semaine sur une chaîne d’informations en continu, la  secrétaire générale du syndicat des pharmaciens (FSPF)  explique pourquoi une nouvelle vague de malades non Covid-19 pourrait être problématique : «cela a des retentissements sur les pathologies, les tensions sont moins bien équilibrées, les diabètes également. On voit bien qu’il y a des déséquilibres, les gens ont compensé les interdictions par d’autres choses. Oui, il y aura besoin de refaire des points et des bilans et il est temps que les gens retournent chez le médecin».

C’est le sentiment de Karine Nubret, la praticienne en poste au CHU de Bordeaux, persiste : «Les consultations en visio-conférence si elles sont efficaces, ne peuvent pas remplacer «un suivi en préventiel». Il est important de recevoir «physiquement» les patients qui ont des pathologies chroniques, celle du cœur par exemple» indique Karine Nubret. En cas de douleur thoracique, de sensation de manque d’air à l’effort ou au repos, palpitations, malaise, il est temps d’appeler le 15, recommande une nouvelle fois le médecin hospitalier.

Après plusieurs semaines de confinement, le lundi 13 avril enfin, après presqu’un mois où la France entière était suspendue aux annonces quotidiennes du directeur général de la santé, Jérôme Salomon, faisant état méthodiquement des dégâts causés en France et dans le monde par le nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19, le chef de l’Etat faisait état des graves dangers dont s’exposent les malades graves hors-Covid-19. L’angoisse d’être un jour contaminé, pire de côtoyer des patients Covid dans un lieu médicalisé, a provoqué des reports systématiques d’un grand nombre de rendez-vous.

Pourtant, dès le début de  l’épidémie, tout était programmé pour que les services hors-Covid puisse fonctionner séparément  : filtrages aux urgences, réductions de l’attente en salle, acheminement des pathologies en ambulance. «les malades du cœur, s’il faut les citer, doivent nous faire confiance. Les patients ne sont pas mélangés. Nous prenons des mesures inédites et nouvelles pour les mettre en sécurité» répète inlassablement Karine Nubret. Dans les salles d’attente désormais seuls 3 ou 4 personnes dont les accompagnants. En hôpital de jour, pour limiter les risques de contaminations, les malades sont véhiculés par «des ambulanciers sous haute protection et filtrés dès leur arrivée» assure le médecin en CHU.

En mars, spécialisée entre autres pour les maladies cardiaques, il était décidé qu’elle se tiendrait éloignée du service Covid-19 du Centre hospitalier. Les patients ayant des pacemaker, nécessitent une surveillance obligatoire tous les 3 mois et surtout, ceux-là, «ne peuvent prendre des risques graves en repoussant leur consultation obligatoire» C’est sans doute avec beaucoup de soulagement que la praticienne écoutait les recommandations d’Emmanuel Macron ce lundi 13 avril.

Les règles, Karine Nubret connait leur efficacité car la doctoresse qui a «plusieurs casquettes» (se plaît-elle à dire), a franchi tous les obstacles pour atteindre son but. Cette idée de devenir médecin, elle l’a épousée depuis l’âge de quatre ans. Karine Nubret s’est pliée à neuf années d’études médicales longues et difficiles qu’elle a enrichies ensuite de connaissances complémentaires. Et la digne fille de Serge et de Jacqueline Nubret, est diplômée d’Etat de docteur en médecine, spécialisée dans différentes pathologies.

Jacqueline et Serge Nubret, père de la guadeloupéenne Karine Nubret

Dernière enfant de Serge Nubret, culturiste, dirigeant de fédération et acteur de cinéma, connu dans les années 1950 à 2000, Karine Nubret a observé très longtemps la rigueur de son père Serge Nubret, aujourd’hui élevé au rang de légende du bodybuilding français. Né dans la commune d’Anse-Bertrand en Guadeloupe, dès 18 ans, il est surnommé La Panthère Noire, en France hexagonale, comme dans les divers pays qu’il aura visités durant toute sa carrière.

Tour à tour Monsieur Europe, Monsieur Univers et Monsieur World, le jeune antillais aura bouleversé les codes du bodybuilding dans le monde. Avec son étonnante musculation, fruit d’un travail d’endurance et d’esthétique le père de Karine Nubret a gravé son nom dans le palmarès des plus grands culturistes de la planète : Vice champion du monde de la WABBA, l’Homme le plus musclé du monde en 1960 à Montréal, Mr Olympia en Afrique du Sud, il épouse Jacqueline Nubret, Miss Univers, une reine de beauté trois fois titrées. Le couple Nubret est une légende antillaise, une référence dans le sport.

Cette volonté au travail et ce «contact si singulier avec les autres» font parties de l’héritage de Karine Nubret que, patients ou collègues au CHU de Bordeaux, appellent simplement Karine. 

Née à Paris, d’origine guadeloupéenne, la jeune médecin a grandi en Île-de-France avant de commencer ses études de médecine dans la capitale. Elle fait son internat à Limoges en 2000 et part à la fac de Médecine de Bordeaux pour se spécialiser en chirurgie cardiaque et en pédiatrie. Un rêve abouti mais pas surprenant pour sa mère Jacqueline. La petite Karine se souvient et le dit avec une pointe de douceur dans la voix «j’adorais ma pédiatre».

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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Déconfinement : La Guyane a voté la non réouverture des lycées et collèges

Les lycées et collèges de Guyane se rouvriront pas le 11 mai prochain. Ce mardi 28 avril, Rodolphe Alexandre le président de la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) a annoncé la non réouverture des classes car selon lui « aucune garantie n’est apportée pour nos enfants et nos enseignants ».

Première conséquence de l’annonce d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale, celle de la Guyane (Collectivité territoriale regroupant département et région) qui a votée à l’unanimité le prolongement du confinement pour les élèves des lycées et des collèges. Tenant compte de la proposition du Premier ministre lors de la présentation du Plan de déconfinement, Rodolphe Alexandre a fait remarquer au nom des élus de la Collectivité Territoriale de Guyane qu’Edouard Philippe étant favorable à une différenciation, il le prenait au mot : « Nous irons vers cette différenciation, qui va se résumer d’abord par une fermeture totale des lycées et des collèges. Aucune dérogation ne sera accordée, parce qu’aucune garantie n’est apportée pour nos enfants, nos enseignants et le personnel de la CTG ».

Outre les questions non résolues des cantines, des internats et des transports, le président de la CTG a insisté sur le manque d’équipements : « Nous n’avons pas suffisamment de masques, de gels, de gants » a déclaré Rodolphe Aexandre. « Nous avons pris nos responsabilités, nous n’ouvrirons pas les bâtiments »

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Virus: Carole T. soignante en Ehpad et ex-Covid-19, ne lâche rien «malgré nos petits salaires, on est là»

15 jours d’isolement total sans s’approcher de ses enfants, isolée dans leur maison à La Roche-sur-Yon, (Chef lieu de la Vendée en Pays de La Loire dans le Centre-Ouest de la France), Carole T. a « peur que le virus ne fasse une nouvelle vague meurtrière ». C’était au moment fort de sa maladie mais l’heure n’est plus aux lamentations ni aux sentiments. Pour l’antillaise originaire de Sainte-Marie (une commune vivier des traditions de la Martinique), il faut foncer. Sans vaccin, sans « surblouses », récemment approvisionné en gel, avec aujourd’hui des masques, et pas dépisté, il faut être « aux commandes » de l’établissement médical, reprendre du service le plus rapidement possible.

Carole T. a repris ses activités d’aide-soignante il y a quelques semaines avec la même détermination qu’avant l’arrivée de la pandémie, aider les malades à guérir quelque soit la gravité de leur traumatisme. C’est, entre autres, sa mission. Personnel soignant, elle est en première ligne dans la lutte contre le nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19. Mère de famille, la martiniquaise se voue à la tâche, remercie les français qui applaudissent aux fenêtres mais reste circonspecte pour la suite. Plus que jamais, les soignants ont un rôle important dans les hôpitaux mais aujourd’hui, cela reste « compliqué d’aller travailler dans des conditions correctes » soupire l’antillaise.

Trois ans sont passées depuis que Carole T. a voulu devenir aide-soignante. L’uniforme médical, elle connaît, l’employée a grandi dans une famille de soignants, son père, ses oncles, d’autres proches travaillaient à l’Hôpital Cochin dans le 14ème arrondissement à Paris. Après plusieurs années de formation, Carole T. peut enfiler sa blouse blanche. Intérimaire en Ehpad, actuellement elle soigne des religieuses dans une maison de retraite en Vendée. Pour la souplesse des horaires, dans l’année, elle intervient dans un lycée en soutien d’élèves handicapés et devient également auxilliaire de vie à domicile. Diplômée d’Etat Carole T. est réserviste au CHD de la Vendée, l’Hôpital de La Roche-sur-Yon.

Même si les tâches quotidiennes étaient déjà importantes en Ehpad, elles ne sont rien comparées à celles effectuées depuis deux mois. La pandémie due au coronavirus a bouleversé les comportements et le travail des soignants, mais également l’attitude des patients qui arrivent de plus en plus angoissés aux urgences. En Ehpad, les aînés ne sont pas rassurés non plus et jusqu’à dimanche dernier, il leur était impossible de recevoir des visites de leurs proches. Depuis qu’ils sont catégorisés comme des personnes à hauts risques face à l’infection du Covid-19, l’incertitude et le stress gagnent ces patients.

À la Roche-Sur-Yon comme dans les autres régions françaises, longtemps le manque d’équipements a fait craindre le pire au sein des soignants de l’Hexagone et des Outre-mer.

Carole avoue qu’elle est anxieuse, « Oui, peur du virus » mais elle affirme qu’elle ne posera pas d’arrêts de travail. Des arrêts de garde d’enfants pourtant justifiés, car il y a l’envers du décor. Pour éviter de contaminer leurs jeunes enfants, leur conjoint, leurs proches ou leurs grand-parents, de nombreux soignants ont fait le choix de s’arrêter et le nombre de demande de congés ou de temps partiels a explosé depuis le début de l’épidémie de Covid-19 en France.

Seulement, la martiniquaise comme nombre de soignants dans l’Hexagone, sera touchée de plein fouet par l’épidémie. En dépit d’une surveillance constante, d’une prudence extrême, infectée par le virus Covid-19, Carole T. plongera dans le cauchemar de la maladie, isolée de ses trois fils, souffrant durant 14 jours. Tout à commencé par une fièvre qui fléchait entre 38 et 39°5, une diarrhée continue, des douleurs musculaires, des maux de tête durant 5 jours. Pas de doute, l’aide soignante sait qu’elle a été infectée par le nouveau coronavirus. Verdict du médecin ce sont bien là les symptômes du Covid-19, il lui prescrit du paracétamol, lui impose une surveillance toutes les 48 heures. Une période qui lui donne le temps de réfléchir et d’observer les applaudissements aux fenêtres dès 20 heures chaque soir dans l’Hexagone depuis mi-mars. Et sa réponse est sans détour « Je pense que c’est au quotidien et toute l’année qu’il faut nous rendre hommage » explique Carole T. « Nous avons des petits salaires, souvent on nous manque de respect ou nous suscitons peu d’intérêt pour les autres. Mais malgré le Covid-19 nous sommes là, on vient quand même ».

Durant toute cette période, la martiniquaise, loin de se plaindre pense à ses religieuses hébergées dans cette maison de retraite où elle travaille chaque nuit et plus régulièrement, depuis quelques semaines. Des résidentes privées très longtemps de visites familiales et une angoisse qui décuple le lundi 13 avril 2020, au moment de l’allocution présidentielle. Enfin, Carole T. a suivi le débat qui a fait Emmanuel Macron changé d’avis. Elle ne peut que s’en féliciter car « On le ressent le soir, les sœurs sont très angoissées, elles sont désorientées. Sans activités, leur état de santé se dégrade, elles perdent en autonomie et moralement elles diminuent ».

Le 11 mai prochain, le déconfinement se profile pour la population et pour les soignants. Le directeur général de la santé Jérôme Salomon fait part depuis plusieurs jours d’une baisse sensible des décès et annonce régulièrement un taux d’occupations des lits en réanimation qui chute doucement. De bonnes nouvelles qui s’associent à une légère diminution du stress en milieu hospitalier. A l’Ehpad de la Roche-sur-Yon, le personnel soignant reste néanmoins vigilant car l’essentiel de leurs soins concernent des personnes fragiles, d’un grand âge et très vulnérables.

A l’écoute, Carole T. manifeste son désaccord d’avec le gouvernement qui prévoit l’ouverture des classes dès le lundi 11 mai prochain et argumente. La soignante antillaise a toutes les raisons pour ne pas respecter cette injonction d’Edouard Philippe et prévient que son fils « asthmatique » ne sera pas sur les bancs du lycées en mai. Comment respecter les règles d’hygiène, le port des masques entre copains et enseignants? « Non », Carole T. ne prendra pas ce risque, c’est son avis pour l’instant. En mère attentive, elle suivra le parcours lycéen de son fils pour qu’il n’accuse aucun retard le jour de l’examen.

En Vendée « On est sur un plateau, même si le département est relativement stable et plutôt bas par rapport au niveau national », signalait mercredi Francis Saint-Hubert, le directeur du Centre Hospitalier (CHD). La réserviste antillaise prend note que 16 patients sont aujourd’hui en réanimation dans les établissements hospitaliers.

Pour l’heure c’est toujours avec le sourire et une furieuse envie de bien faire que Carole T., surmonte sa « peur du virus ». Même si elle appréhende un appel à tout moment des urgences de l’Hôpital, la martiniquaise qui sait qu’elle peut être amenée à travailler en lien très étroit avec les infirmières quand les urgences saturent, ne plie pas. Sa seule inquiétude serait le manque chronique de masques, de surblouses, de gants, de gels au moment du déconfinement. Le gouvernement présentera dans les prochains jours un plan de déconfinement, Emmanuel Macron l’a annoncé et le premier ministre le prépare.

Mercredi 22 avril 2020, la France comptait 544 décès en 24 heures. L’épidémie Covid-19 a causé 8 104 décès dans les établissements sociaux et médico-sociaux depuis le début de l’épidémie, en majorité dans les Ehpad.

5 218 patients étaient toujours en réanimation dans un état grave, 85 000 personnes ont été hospitalisées depuis le début de l’épidémie, 13 236 sont décédées à l’hôpital. 21 340 personnes sont mortes en France depuis le début de la pandémie, selon les chiffres de Jérôme Salomon et de l’ARS.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy

Images C.T. pour C’news Actus Dothy

Guadeloupe : Camille Mortenol, héros de la grande guerre, servira la marine française pendant trois décennies

Camille Mortenol est né le 29 novembre 1859 à Pointe-à-Pitre. Décoré Chevalier de la Légion d’honneur et plusieurs fois promus à de hautes fonctions militaires, il est également considéré comme un héros de la marine française. 

Le guadeloupéen Camille Mortenol est le fils d’un ancien esclave devenu marin, André Mortenol, et de Julienne Toussaint, une couturière. Bon élève et doué pour les mathématiques, il attire l’attention de l’abolitionniste français Victor Schoelcher, qui sera son mentor et le jeune homme obtient une bourse qui lui permet d’étudier au Lycée Montaigne de Bordeaux. Après son baccalauréat ès sciences, Camille Mortenol deviendra, le premier élève d’ascendance africaine à fréquenter l’École Polytechnique de Paris, terminant 19ème sur 205 en 1880.

Adulte, Camille Mortenol choisit de poursuivre une carrière dans la marine française. En tant que simple officier, il participe, à deux reprises, à la conquête et à la «pacification» de Madagascar dans les années 1890, démontrant une compétence et une bravoure exceptionnelle qui lui vaudront le ruban de Chevalier de la Légion d’Honneur et l’appréciation du général Joseph Gallieni. En 1901, il rejoint l’expédition Ogowe au Congo (aujourd’hui le Gabon). Nommé Capitaine de frégate, il commence cinq ans plus tard une mission de cinq ans dans le Pacifique et en 1907 le capitaine Mortenol effectue le commandement de la 2ème flottille de torpilleurs patrouillant dans les eaux du Sud et de l’Est de la Chine.

De 1909 à 1914, le militaire hautement gradé est principalement affecté à des tâches administratives dans les bureaux navals du port de Brest.

Au début de la Grande guerre, le général Gallieni, lui confie la responsabilité de la défense aérienne de la ville. En 1917, à l’âge de 58 ans, les militaires le font Colonel d’artillerie de réserve. Après avoir servi dans la marine française pendant plus de trois décennies, Camille Mortenol prend finalement sa retraite en 1919.

Le guadeloupéen est l’époux de Marie-Louise Vitalo, originaire de la Guyane française.

Camille Mortenol est décédé le 22 décembre 1930 et a été enterré au cimetière Vaugirard dans le quinzième arrondissement à Paris. 

En 2014, il a été sélectionné parmi les quatre héros qui incarnaient ceux qui ont défendu la capitale pendant la Première Guerre mondiale. La France lui a rendu hommage avec au moins deux navires nommés en son honneur et une statue à Pointe-à-Pitre.  À Paris et en Guadeloupe, des rues portent son nom. 

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SourceRobertFikes – Images Google/Ecole polytechnique

Confinement : Chris Combette chante dans « Grenn Douri », la longue crise sociale guyanaise de 2017

Le confinement se prolonge mais les artistes restent créatifs à l’instar du guyanais Chris Combette qui, profitant d’un temps de repos forcé, rappelle les événements de la crise sociale de mars à avril 2017 dans un nouveau titre qu’il publie.

Sur Youtube, l’artiste dévoilait le mercredi 1er avril « Grenn Douri ». Le tournage de ce nouveau titre qui annonce l’arrivée de l’album « Laissez faire les anges », a été entièrement réalisé dans le cadre du confinement sanitaire Covid-19 de mars 2020.

Pour rappel, la crise sociale ou mouvement social guyanais, chanté par Chris Combette aura duré environ un mois.

Irréaliste pour certains, inédit pour d’autres, dans les rues de Cayenne et Saint-Laurent ce mardi 28 mars 2017, des milliers de guyanais se rassemblaient pour une marche qualifiée d’historique. Plus de 12 000 personnes défilaient pacifiquement dans les rues en ce début de semaine pour dénoncer le manque de moyens dans l’enseignement, un taux de chômage important sur le continent, la vie chère et l’insécurité grandissante en Guyane. La mobilisation initiée par le collectif des Toukans connus sous le nom des « 500 frères » et soutenue par 37 syndicats guyanais a commencé par une grève générale et illimitée à Kourou dès le 20 mars. A l’origine, pour attirer l’attention sur les problématiques d’insécurité, d’orpaillage illégal et d’immigration clandestine incontrôlée.

La situation se débloquera enfin, par laccord de Guyane, signé le  par lequel le gouvernement Cazeneuve finira par lever plus d’un milliard d’euros. Seulement, six mois plus tard, en octobre, la situation se dégradera par une longue nuit de violence, quand le Président Emmanuel Macron répond durant son passage en Guyane, à ceux qui réclament la mise en oeuvre de l’accord de Guyane : « Je ne suis pas le Père Noël ». 

Chris Combette, chanteur et musicien de la Guyane qui compte parmi ses nombreux albums : La Danse de FloreLes Enfants de Gorée ou Salambô :

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BD: Pionnière aux USA, Jackie Ormes casse les stéréotypes, fait la femme Noire glamour et élégante

Jackie Ormes est Zelda Jackson. Née le 1er août 1911 dans une famille aisée, elle grandit dans  une petite ville de Pennsylvanie près de Pittsburgh. Autodidacte, elle a été une auteure à succès de plusieurs bandes dessinées et de personnages de dessins animés. l’américaine commence à caricaturer très jeune et publie ses premiers dessins dans les annuaires de son lycée entre 1929 et 1930. Plus tard, sa réputation naitra de ses collaborations d’avec plusieurs journaux influents afro-américains, The Pittsburgh Courier et The Chicago Defender. Nous sommes au milieu du XXème siècle.

Du 1er mai 1937 au 30 avril 1938, la caricaturiste fait vivre Torchy Brown. Ce premier héros axera les préoccupations de la jeune afro-américaine. Sa cible de prédilection : Les questions telles que le sexisme, le racisme, la politique américaine, étrangère ou la justice environnementale dans les quartiers noirs. Précurseur. 50 ans plus tard, une étude de 1987 montrera que, même à salaires égaux, les Noirs avaient plus tendance à vivre dans des zones polluées quand une autre étude confirmera en 2007 que les minorités ethniques représentent 69% de la population dans les quartiers américains qui ont des décharges de déchets toxiques.

Alors que la jeune afro-américaine poursuit des études secondaires, elle choisit de rentrer dans la vie active comme relectrice et journaliste occasionnelle pour l’hebdomadaire afro-américain The Pittsburgh Courier. Elle a 26 ans en 1937, et elle créée «Dixie to Harlem» avec comme personnage principal Torchy Brown. L’histoire d’un adolescent du Mississippi qui se rend à Harlem et trouve la gloire et la fortune au célèbre Cabaret le Cotton Club, à New York. Entre aventure et comédie, Torchy Brown décrit les difficultés des afro-américains, cibles des inégalités sociales chez l’Oncle Sam. Selon l’association Equal justice initiative (EJI), près de 4 000 Noirs auraient été exécutés sans jugement, dans des conditions sommaires, sur une période de 73 ans.

Son travail est inédit, cassant les stéréotypes à une époque où les Noirs étaient généralement représentés de manière désobligeante (Les femmes noires étaient toujours grosses, avaient des bandanas sur la tête, d’énormes lèvres, étaient des porteurs ou des serviteurs comme dans « Autant on emporte le vent »). Non seulement ses rôles principaux étaient des femmes, mais elles étaient fortes, élégantes, intelligentes, urbaines, perspicaces et pleines d’esprit. Des héroïnes qui menaient souvent grand train, des femmes glamour et cultivées.

En 1942, Jackie Ormes est mariée et déménage à Chicago avec son mari, un directeur d’hôtel. Le couple devient une figure importante de la société afro-américaine. Jackie sort une nouvelle bande dessinée Candy et collabore désormais avec le Chicago Defender, l’un des principaux journaux afro-américains des États-Unis. Cette fois, pendant plusieurs mois, du 24 mars au 21 juillet 1945, Candy apparaîtra dans le journal comme une femme de chambre intelligente et sage.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, retour à la case départ, au Pittsburgh Courier. Cette fois avec une nouvelle bande dessinée : Patty-Jo ‘n’ Ginger qui aura une longévité inégalée, d’octobre 1945 à octobre 1956. Ce duo grande sœur / petite sœur avec Ginger, la sœur aînée élégante et belle (dessinée dans un style Pin-up), et Patty-Jo la sœur cadette précoce et franche, sera vu pendant onze ans dans le quotidien Pittsburgh Courier.

Surveillée par le FBI à la fin des années 40, la caricaturiste noire syndiquée a continué dans la bande dessinée jusqu’en 1956. Elle a siégé au conseil d’administration du Musée DuSable d’Histoire et d’Art Afro-américains. Jackie Ormes influenceuse dans la mode, créatrice des premières poupées féministes et célébrée dans les milieux sociaux  afro-américains s’est éteinte le 26 décembre 1986. 

La dessinatrice de BD est morte d’une hémorragie cérébrale après avoir longuement souffert de polyarthrite rhumatoïde, l’empêchant de dessiner durant les dernières années de sa vie. Selon les critiques de l’époque : « Les lecteurs ont vu que si Ginger pouvait obtenir son diplôme universitaire et si Torchy pouvait contester le statu quo raciste de l’époque, ils étaient capables de faire de même. ». Jackie Ormes était une source d’inspiration pour les gens de son époque et sans doute aussi, pour ceux d’aujourd’hui.

 

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Images Bud’s Arts Books  Source Nancy Goldstein

Virus : En Espagne, des anciens vendeurs ambulants font des masques pour les soignants sous leur marque «Top Manta»

Les machines à coudre tournent plus de 15 heures par jour dans l’atelier Top Manta. Ces nouveaux couturiers sont des anciens vendeurs à la sauvette. Comment sont-ils passés de l’ombre à la lumière? En pleine pandémie, ces migrants de l’Afrique sont en première ligne. Ils fournissent des masques aux personnels hospitaliers espagnols dans une crise sanitaire qui est loin d’être finie.

Terminé les arrivées soudaines de la Police et les courses poursuite pour échapper aux contrôles quotidiens des gardiens de la paix. Comme de nombreux vendeurs à Paris ces vendeurs sénégalais posaient leurs articles sur les places de Barcelone pour y vendre des souvenirs catalans de toute sorte. Tous les jours, des copies de sacs de marque, foulards, gants, lunettes étaient exposés sur des petits tapis, des « manteros », attirant de nombreux touristes. Problème, la plupart de ces « petits vendeurs » ambulants réfugiés en Europe pour une vie meilleure, sont identifiés comme des sans-papiers. Tous, sont forcés d’écouler leurs marchandises aux touristes, (sans se faire arrêter), une situation sociale compliquée à gérer.  En mars 2018, Mame Mbaye, un vendeur de 34 ans, meurt d’un arrêt cardiaque, il tentait d’échapper aux contrôles des forces de police.  

Choqués et en colère, les « petit »vendeurs à la sauvette ont rejoint le Syndicat Populaire des Vendeurs Ambulants de Barcelone. Créé en 2015, le collectif réunit des migrants issus de divers pays d’Afrique, leur objectif : « lutter contre le racisme institutionnel, contre la persécution et la criminalisation”. Au sein de cette association, le projet Top Manta initié depuis plus de 10 ans par le Syndicat Populaire prend forme. L’occasion de sortir les vendeurs de la rue et de leur donner une autre visibilité. L’idée se concrétise et en 2018, la première ligne de vêtements est bien accueillie dans tout le pays.

Mais, début février 2020, l’apparition du Covid-19 en Europe met en berne l’économie espagnole. Le confinement et les gestes barrières (plus contraignants en Espagne) ont considérablement réduit  les activités de la population et les anciens vendeurs ambulants ne peuvent plus fabriquer leurs vêtements dans les mêmes conditions. En réponse au manque croissant d’équipements médicaux, les nouveaux couturiers ont décidé de transformer leurs ateliers, et depuis, ils fournissent aux personnels hospitaliers des masques faits maison, sous leur label Top Manta. Leur initiative solidaire est saluée par beaucoup, les associations comme les soignants du pays, remercient les anciens vendeurs ambulants. Une victoire pour les anciens petits soldats des rues.

Aziz Faye, porte-parole du Syndicat et tailleur professionnel, raconte son parcours. Sénégalais, il est sans emploi depuis huit ans quand il décide de devenir vendeur ambulant, s’exposant à toutes les violences de la rue. Entre mépris, rejet et discrimination, l’ancien couturier gagne à peine 200 euros par mois.

Le lancement de Top Manta changera très vite le regard des espagnols sur son ancien statut: « Tout à coup, les gens qui nous ignoraient ou nous rejetaient, nous admiraient. Les médias voulaient nous interviewer, les créateurs nous connaître (…) Qu’est-ce qui avait changé? Deux choses. Premièrement, le public a découvert que nous ne sommes pas seulement des immigrants illégaux, mais aussi des individus créatifs avec des idées et de l’ambition. Deuxièmement, nous avons avons commencé à parler le langage du capitalisme« , répondra-t-il à la presse.

Avril 2020, l’Espagne est le 3ème pays le plus endeuillé après l’Italie et les Etats-Unis. Fin mars, le gouvernement espagnol a annoncé que toute « activité non-essentielle » était désormais interdite, seuls les secteurs de l’alimentation, de la santé, des transports publics, des médias, des banques et une partie de l’administration étaient autorisés à ouvrir. Top Manta s’est adapté à cette discipline.

 

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Betty Lou Williams a vécu avec son jumeau parasite jusqu’à 23 ans

L’histoire de Betty Lou Williams est émouvante et très brève. Pleine de vie et très amoureuse dans la dernière période de sa vie, elle est pourtant morte de chagrin alors que son médecin lui prédisait une très longue vie.

Betty Lou Williams est née Lillie B Williams à Albany, en Géorgie, le 10 janvier 1932. Elle était la plus jeune de douze enfants d’une famille pauvre de cultivateurs. Betty Lou a vu le jour avec un jumeau parasite, composé de deux jambes et d’un bras avec trois doigts et une tête rudimentaire logée dans son abdomen. Selon les notes qui relatent sa courte existence, Betty Lou était une fille en très bonne santé et les médecins qui la soignait étaient persuadés quelle vivrait une vie longue et saine. Mais ces espoirs ont tourné court.

Betty Lou n’avait pas un an quand elle devenue une attraction pour le showman Dick Best, lequel changera son nom de Lillie en Betty, avant de l’exposer à son New York Museum. Rapidement elle devint un phénomène, acquit une certaine célébrité. A deux ans Betty Lou touchait 250 $ par semaine. Adulte, elle a gagné plus de 1 000 $ par semaine. Pour attirer les visiteurs les promoteurs l’a présentait comme ayant la tête de sa «petite sœur» dans son torse. Chez elle parfois, loin des regards et de la scène, Betty Lou habillait sa jumelle avec des vêtements qu’elle faisait sur mesure. Avec ses revenus, la jeune fille a pu combler sa famille. A ses parents, elle offre une ferme de 260 acres (1 000 m2) à 40 000 $. Généreuse elle assura la scolarité de ses onze frères et sœurs qui purent suivre des cours à l’Université.

La beauté et la bonne humeur de Betty lui ont permis de connaître de nombreux soupirants dont l’un devint son fiancé. Mais, rapportent les rédacteurs de l’époque, le futur mari était plus attiré par sa fortune que par son charme. Après une grave crise d’asthme à son domicile de Trenton, dans le New Jersey, Betty Lou est décédée à l’âge de 23 ans. Ces amis ont affirmé qu’elle était morte le cœur brisé.

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La source:http://www.thehumanmarvels.com/betty-lou-williams-ripleys-four-legged-wonder/

Covid19-Inégalités : Les démunis, grandes victimes de cette pandémie, ce que préconisent Amnesty International et l’ONU pour les protéger

Cette liste n’est pas exhaustive mais elle permet de tracer, avec l’aide des médias des pays étrangers, les lieux sur notre planète où les pauvres et les démunis souffrent et peinent à survivre depuis le début de la pandémie liée au nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19. Doublement victime, les sans abris, les marginaux et les opprimés ont été les premiers à être impactés tant du point de vue sanitaire que du point de vue économique. Du fait de leur situation géographique, les SDF qui vivent hors d’un abri protégé sont les cibles privilégiées du Covid-19, un virus particulièrement dangereux et résistant. La contagion étant favorisée par les contacts fréquents et rapprochés, les sans domicile fixe n’ont pas cette opportunité de se tenir à distance de leurs voisins immédiats et d’observer les gestes barrières, les principales protections contre le coronavirus. Voici un tour d’horizon des régions où le curseur des inégalités est très élevé et font craindre le pire pour certains groupes de population, vulnérables, confrontés au virus Covid-19.

A Paris, jeudi 2 avril, le Conseil d’Etat a rejeté les demandes de réquisition pour les sans-abri d’un collectif mené par Droit au logement (DAL) en estimant que avec le report de la fin de la trêve hivernale au 31 mai, 1 300 places étaient disponibles pour les sans-abri présentant des symptômes qui ne justifient pas leur hospitalisation. (Le Monde). Pourtant cette requête urgente répondait aux attentes d’une pétition ayant rassemblé près de 100 000 signataires (Tribune dans Libération) :

La Fédération nationale Droit au logement, appuyée par la Ligue des droits de l’homme, Elu(e)s contre les violences faites aux femmes, l’association Kâlî (qui accompagne les femmes étrangères), le Groupe d’information et de soutien aux immigré(e)s (Gisti), l’Action des chrétiens contre la torture (ACAT), Droits d’urgence, la Fondation Abbé Pierre et la fédération CGT de la santé, demandaient au Conseil d’Etat de faire recenser tous les sans-abri, d’ordonner à l’Etat de prendre « des mesures sanitaires adéquates » dans les hébergements collectifs, d’en dépister systématiquement tous les occupants et de réquisitionner des chambres d’hôtels pour les sans-abri. Fin de non recevoir.

Plus exposées et moins à même de pouvoir se permettre de se confiner, les populations les plus pauvres souffriront davantage de l’épidémie de Covid-19, affirme le magazine américain The Times, le 17 mars 2020. Depuis plusieurs semaines, le Covid-19 qui n’épargne ni les riches ni les démunis continue son effroyable progression aux États-Unis. Seulement, les inégalités de soins et de prises en charge aux Etats-Unis font dire aux médias Outre-Atlantique (tel le Détroit Free Press) que les Noirs meurent plus que le reste de la population . C’est aussi une des observation du docteur Camara Jones :

«Le COVID-19 ne fait que dévoiler le profond désinvestissement dans nos communautés, les injustices historiques et l’impact de la ségrégation résidentielle. La surreprésentation des personnes de couleur dans la pauvreté et des blancs dans la richesse n’est pas seulement un hasard» constate le docteur Camara Jones, chercheur à l’Université de Harvard. (ProPublica)

Dimanche 22 mars 2020, le député mahorais Mansour Kamardine annonçait dans le Journal La Croix que l’île Mayotte dans l’Archipel des Comores allait «vers une véritable hécatombe ». Et pour cause l’homme qui siège à l’Assemblée Nationale craint un désastre sanitaire pour son département. Selon ses propos dans le journal La Croix « Mayotte est le premier désert médical de France. Nous n’avons que 16 lits en réanimation pour 400 000 habitants, nous n’avons pas de cliniques et la médecine de ville est quasi inexistante.» Pour le quotidien en ligne Le Figaro, Mayotte, le 101ème département de France où 48% des habitants sont étrangers, est le département le plus pauvre de France.

Depuis la mise en place du confinement en Russie lundi 30 mars 2020, les ONG et les organisations caritatives ont de plus en plus de difficultés à soutenir les sans-abri de Moscou. A Moscou, les volontaires pensent qu’il y aura encore plus de personnes dans le besoin dans les prochains jours, annonce Euronews dans ses colonnes.

 

 

 

En Afrique, face aux conséquences de la pandémie, plusieurs gouvernements prennent des décisions pour contenir la crise sociale qui pourrait se déclencher à tout moment dans des pays où la majorité de la population vit au jour le jour. Les travailleurs du secteur informel sont particulièrement fragilisés. (Le Point Afrique).

En Amérique du Sud, au Brésil, les premiers foyers de contamination au Covid-19 sont apparus parmi les populations les plus riches. Mais aujourd’hui le coronavirus s’attaque aux populations les moins favorisés. De quoi raviver un sentiment de lutte de classes.

Au Mexique, «après avoir visité les penthouses (des hôtels hauts de gammes) des plus riches, le virus va immanquablement descendre dans le sous-sol de notre bâtiment national, où se trouvent ceux qui ont le moins de moyens » , craignent les journalistes de l’hebdomadaire de gauche mexicain Proceso.

Au cours des quarante dernières années, la Chine «a réussi le tour de force de sortir 700 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Seulement, l’apparition de l’épidémie de Covid-19, dont les répercussions se font déjà sentir sur l’économie, pourrait accentuer les inégalités», titre le site d’informations en ligne l’Humanité.

L’organisme Amnesty International tire la sonnette d’alarme pour que les politiciens et les responsables de santé publique prennent davantage en compte les inégalités sociales durant cette période d’épidémie et l’institution qui veille au respect des Droits de l’homme, préconise :

«Le droit international relatif aux droits humains et ses normes connexes exigent également que les soins de santé, notamment les vaccins et remèdes développés contre le COVID-19 à l’avenir, soient disponibles en quantité suffisante, et accessibles et abordables pour toutes et tous, sans discrimination.

Toute proposition visant à séparer ou à isoler des personnes atteintes de COVID-19 doit être légitime, nécessaire et proportionnée, et ne doit pas constituer une discrimination des personnes en fonction de leur origine ethnique, de leur milieu socio-économique, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur religion, de leur citoyenneté, de leur situation au regard de la législation sur l’immigration ou de toute autre catégorie.

Et l’ONU assure qu’avec Didier Trebucq, le coordonnateur des Nations Unies à la Barbade et dans les Caraïbes orientales, l’institution internationale travaille en étroite collaboration avec les gouvernements des Caraïbes pour protéger les personnes les plus vulnérables de la région contre l’impact du coronavirus ou COVID-19. 

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Génie : Autodidacte, Frederick Jones invente la réfrigération des camions et 60 autres brevets

Frederick Jones a créé en 1935, le premier système de réfrigération automatique pour les camions longue distance et les wagons de chemin de fer (un dispositif de refroidissement monté sur le toit). Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’américain aidera l’armée des Etats-Unis à transporter non seulement de la nourriture mais aussi du sang pour sauver de nombreuses vies. Nous ne connaissons que cette technique de conservation des aliments et pourtant, avant la découverte de Frederick Jones, garder des produits périssables étaient presque impossibles. No ancêtres les salaient ou  séchaient, viandes, poissons ou autres denrées, pour les conserver et les consommer le plus longtemps possible, Frédérick Jones, va tout simplifier en inventant la réfrigération mobile. Une révolution pour le commerce alimentaire.

Dans les années 1930, l’invention de Frederick Jones modifiera radicalement les habitudes alimentaires des consommateurs américains. Les gens pouvaient manger des produits frais dans tous les États-Unis en été comme en hiver.

Il y a moins de cent ans, il était presque impossible de livrer des aliments frais sous quelque forme que ce soit. Jusqu’à ce que Frederick Jones invente le camionnage réfrigéré tel que nous le connaissons. Aujourd’hui, les industriels et simples commerçants ne pourraient plus s’en passer. Les camions réfrigérés transportent environ 90% de tous les aliments que nous mangeons. Ce moyen de transport incontournable, on le doit à l’ingéniosité d’un afro-américain qui a servi en France dès la Première Guerre mondiale. 

Frederick McKinley Jones est né à à Covington (Cincinnati) dans l’Ohio, le 17 mai 1893 d’un père blanc et d’une mère noire.

Il est un très jeune enfant quand sa mère l’abandonne. Son père lui, a du mal à l’élever seul et à 7 ans, il envoie son fils vivre chez un prêtre dans le Kentucky. Deux ans plus tard, son père décède. À l’âge de 11 ans, avec une éducation familiale et scolaire insignifiante, l’adolescent s’enfuit, il décide de se débrouiller tout seul. Quand Frederick Jones revient à Cincinnati, il fait des petits travaux ça et là, jusqu’au jour où on lui confie un poste de concierge dans un garage. C’est dans ce contexte q’il révèle une prédisposition pour la mécanique automobile. L’autodidacte conçoit un auto-démarrage moteur à essence. Frederick Jones apprend, s’implique, progresse et devient très rapidement responsable de la boutique qui l’emploie.

Puis le jeune homme déménage une nouvelle fois et vaque à des petits boulots à bord d’un bateau à vapeur et dans un hôtel. Enfin en 1912, il se pose à Hallock dans le Minnesota où il obtient un emploi de mécanicien dans la célèbre ferme du magnat des chemins de fer James J. Hill dans le comté de Kittson. Frederick Jones  commence à construire et à piloter des voitures de course sur des pistes locales et lors de foires du comté. Devenu éducateur, le métis enseigne le Génie mécanique et électrique et devient le grand inventeur du transport réfrigéré.

Frederick Jones développera également une gamme d’appareils liés à la réfrigération, au son et à l’automobile. À la fin des années 1920, il met au point une série d’appareils pour l’industrie cinématographique en développement, en adaptant des projecteurs de films muets pour les utiliser dans le cinéma parlant. l’afro-américain a également créé un appareil pour la billetterie au cinéma qui fournit des billets et remet la monnaie aux clients. l’inventeur a également réalisé une motoneige. Frederick McKinley Jones a également développé une unité de climatisation pour les hôpitaux militaires de campagne et un réfrigérateur pour les cuisines militaires de campagne Frederick Jones a obtenu, plus de 40 brevets dans le domaine de la réfrigération et breveté plus de 60 inventions.

.Malgré son enfance difficile, le mûlatre Frederick McKinley Jones  aura réussi à se faire une place dans une société américaine peu enclin à valoriser, les Afro-Américains cibles d’une violence institutionnelle extrême au début des années 1930.

Frederick Jones est mort à Minneapolis dans le Minnesota*, le 21 février 1961.

*Le Minnesota est un État américain du Midwest situé à la frontière du Canada.

 

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