Jeanne Vialle, journaliste, militante et sénatrice sous la 4ème République française

Jeanne Vialle est née en 1907 en territoire Haut-Oubangui, à Bangassou, en Centrafrique. A l’âge de huit ans, elle arrive à Paris et en 1925, la jeune centraficaine décroche son baccalauréat, Jeanne Vialle se destine au journalisme et se fera connaître comme une militante africaine, proche des milieux du Rassemblement Démocratique Africain, (RDA). Sa carrière dans la presse démarre chez Opera Mundi, puis elle intègre une agence d’informations, Jeanne Vialle sera la représentante de l’Agence France Presse à travers le continent africain.

En 1940, elle entre dans la résistance contre l’occupation fasciste et nazie. La journaliste basée dans le Sud de la France sera arrêtée à Marseille en 1943. Emprisonnée, elle réussit à s’évader avant la fin de la guerre. Soupçonnée par les français de trahison, défendue par une autre résistante, maître Germaine Poinso-Chapuis*, elle sera finalement blanchie à la suite d’un procès qui se tient 10 Décembre 1943. Jeanne Vialle sera décorée de la médaille de la résistance du gouvernement français, à la fin de la guerre.

La Seconde Guerre mondiale se termine et la journaliste et militante, Jeanne Vialle se concentre désormais sur la reconstruction institutionnelle française, s’intéressant notamment aux relations entre la France et ses colonies à travers l’Union française, créée en 1946 durant la quatrième République. Correspondante pour l’Ouest français en Afrique, elle surveille de près les deux assemblées constituantes édifiant la quatrième République française (1944-1958),  en portant un vif intérêt aux débats sur la réorganisation des colonies françaises en Union française fondée « sur l’égalité des droits et privilèges sans distinction de race ou de privilège ».

En juillet 1946, elle fonde son propre parti politique : Association pour l’évolution de l’Afrique noire (APEAN). Un groupe constitué des futurs membres du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), Félix Houphouët-Boigny, Jean Félix-Tchicaya et Fily Dabo Cissokho O.

Durant cette période, Jeanne Vialle sera attentive à mieux faire connaître les Territoires d’Outre-Mer en se déplaçant, tenant des conférences, animant des débats et des rencontres sur le continent africain. Dans le même temps, la journaliste se fait l’avocate du droit à l’éducation des Africaines (éducation, octroi de bourses, égalité des programmes scolaires entre la Métropole et l’Outre-Mer) et de la libération de la femme africaine. Elle est fin prête pour se lancer en politique.

En janvier 1947, classée à gauche, Jeanne Vialle est candidate, à Oubangui-Chari (République centrafricaine) pour l’élection au «Conseil républicain» sous l’étiquette des Mouvements Unifiés de la Résistance. Elle est élue le 10 janvier 1947 et décide de rejoindre le groupe socialiste au Conseil. Réélue le 14 novembre 1948, Jeanne Vialle siégera à la commission économique du Sénat, à la Commission de la France d’Outre-Mer (Commission de la France d’Outre-Mer) et devient membre du travail et de la sécurité sociale. En 1950, elle rejoint le Comité de l’éducation nationale du Conseil.

Jeanne Vialle a créé l’Association des femmes de l’Union française (AFUF) pour les femmes de l’Union française afin de financer l’éducation, l’instruction des filles dans les colonies. En 1947, elle a proposé des motions concernant l’égalité des citoyens français, en particulier entre les citoyens de la métropole et les citoyens d’outre-mer. Elle s’est battue en 1949 et 1950 pour diffuser l’enseignement dans les territoires colonisés, améliorer le programme scolaire en Afrique française. Jeanne Vialle a également fait une loi (portant son nom) concernant la recherche de paternité dans les territoires d’outre-mer.

Au niveau international, la journaliste et sénatrice a siégé au début des années 1950 comme représentante française au Comité des Nations Unies contre l’esclavage.

Le 9 février 1953 Jeanne Vialle est décédée dans un accident d’avion à Villenave d’Ornon, en Gironde, près de Bordeaux, dans le sud de la France. Elle sera citée à titre posthume à l’ordre de la Nation le 21 mai 1953.

 

*L’avocate Germaine Poinso-Chapuis, sera la première femme ministre, de 1945 à 48 jusqu’à Simone Weil en 1974.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images Sénat France

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