Gratien Candace, 1er député socialiste ultramarin à l’Assemblée Nationale et collaborateur sous le régime de Vichy

Le guadeloupéen, Gratien Candace, le premier homme politique noir français à occuper le poste de député au Palais Bourbon, reste relativement inconnu du grand public. Pour cause, à la fin de la seconde guerre mondiale, il sera soupçonné par les forces de libération d’avoir été un collaborateur pour les nazis.  Une chute incompréhensible quand on découvre que sa carrière politique avait brillamment commencé, de jeune enseignant à l’éducation nationale il deviendra un député socialiste remarqué à l’Assemblée nationale. Précurseur dans la défense des droits civiques des Noirs, il rencontrera d’éminentes personnalités qui l’influenceront et le guideront dans son parcours politique sans faute jusqu’en 1944.

Gratien Candace, professeur et homme politique est né à Baillif le 18 décembre 1873 en Guadeloupe. Son père Edouard Candace est né deux ans seulement avant l’abolition officielle de l’esclavage en France.

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À 18 ans, Gratien Candace devient enseignant en Guadeloupe. Il part pour la première fois en métropole en 1895 à l’âge de 22 ans après avoir reçu une bourse du Département de la Guadeloupe et choisit de s’installer à Touloues. Le jeune homme est élève-enseignant à l’École Normale Supérieure. À la fin de ses études, Gratien Candace retourne en Guadeloupe, il devient professeur adjoint à Basse-Terre. En juillet 1900, Gratien Candace revient à Toulouse et étrangement, il suit des cours d’agriculture et de philosophie à l’Université de Toulouse et en sort licencié es. sciences et Chevalier du Mérite Agricole. Pendant son séjour, il assiste à des discours de Jean Jaurès qui aurait influencé son début de carrière dans la politique.

Réunion des socialistes, Charles] Danielou à droite et  Gratien Candace à gauche (11 avril 1925)

En 1902, Gratien Candace est muté en Tunisie pour une mission agricole que lui confie Gaston Doumergue, alors secrétaire des colonies. Il accomplira une autre mission dans la Caraïbe, sur l’île de Trinidad avant de retourner en France en 1904. Cette fois Gratien Candace débarque à Pau où il est nommé professeur des affaires commerciales et techniques à l’École supérieure de Pau. En 1906, sa carrière politique démarre, il est membre du personnel de René Viviani, ministre du Travail au cabinet de Georges Clémenceau.

Dix ans plus tard, en 1912, Gratien Candace est élu député à l’Assemblée nationale, il est le représentant du premier district de la Guadeloupe. Membre du groupe républicain socialiste au Parlement, il fier de faire partie du groupe politique qui a promu les droits politiques des résidents guadeloupéens des colonies comme l’un de ses principaux objectifs. Député, Gratien Candace met en place un projet militaire aux Anciennes Colonies de France (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion). Il est également nommé directeur de La Justice, un journal fondé par l’ancien chef de l’Etat Georges Clémenceau.

Gratien Candace est réélu en 1919. Député, il participe aux réunions conduisant au traité de Versailles. On lui doit également une législation réaffirmant le principe de l’égalité pour tous les hommes, quelle que soit leur origine ethnique ou leur race. En octobre 1921, il devient président du département de la Guadeloupe. La même année, Gratien Candace participe au Congrès de la Race noire aux côtés de l’auteur et militant des droits civiques américain W.E.B. DuBois.

Gratien Candace a été constamment réélu de 1912 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale (1914, 1919, 1924, 1928, 1932, 1936). En 1932, il est nommé secrétaire d’État adjoint aux Colonies. Au cours de ses nombreux mandats, il a également fait pression pour le droit de vote des femmes, mettant cette campagne sur un pied d’égalité avec l’abolition de l’esclavage en 1848. En 1936, le guadeloupéen est vice-président de la Chambre des députés.

 

 

Après la défaite de la France par l’Allemagne nazie en 1940, le Républicain Socialiste vote pour soutenir le régime de Vichy de Philippe Pétain tout en restant vice-président de l’Assemblée nationale. La libération de la France en 1944 met définitivement fin à sa carrière politique. Gratien Cnadace sera considéré comme un collaborateur par les forces de libération de 1944 commandée par le général Charles De Gaulle et un ennemi du régime par les partisans de Pétain. En 1945, il a est déclaré inéligible.

Gratien Candace est mort en 1953 à Nogent le Rei, en France. Il avait 80 ans

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Image Agence Roll/Omnia/Wikipedia

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