Dorothée scripte, chef-monteur et rédactrice-Web «donner de la Visibilité à notre Diaspora»

Martiniquaise, caribéenne vivant en Île-de-France, je suis Journaliste indépendante au NUJ National Union of Journalists basé à Londres et à Paris.

 Il est toujours intéressant de dire qui l’on est et ce à quoi on aspire en toute humilité …

Après des Etudes de Droit et des Etudes Socio-culturelles à l’Université Paris-Descartes, je me suis très vite dirigée vers l’Audiovisuel pour être scripte. J’ai suivi une formation longue au Conservatoire Libre du Cinéma Français et sept mois à l’INA. Puis une formation à l’Institut de l’Image et du Son (3IIS) à Trappes pour devenir Chef-Monteur pour l’Audiovisuel.
En 2015, suite à une formation intensive de Journalisme Radio mise en place par le CFPJ (Centre de Formation des Journalistes à Paris) pour les professionnels du milieu, je suis Rédactrice-Web indépendante depuis décembre 2015.

Mon objectif est de participer à la Visibilité de la communauté noire et de la diversité dans l’hexagone et en dehors. Je suis souvent nommée pour être membre du Jury à Cannes mais aussi au Festival International Haïtien de Los Angeles. Mon activité essentielle est axée autour de reportages divers entre société, santé, engagement, luttes ou questions politiques. J’aime la proximité, me rapprocher des gens et de leurs vécus et les portraits concrétisent cette envie de découvrir l’autre, ses choix, ses ambitions, ses échecs, ses malheurs et sa résilience.

J’ai beaucoup voyagé en Afrique : Burkina Faso – Etats-Unis : Los Angeles, San Diego, Las Vegas – Caraïbe : Jamaïque, Antigue, Barbade, Sainte-Lucie, Montserrat, la Guadeloupe – Royaume Uni : Londres, Cambridge – Italie : Rome – Allemagne.
Je me définis comme une cinéphile, « éperdument » amoureuse de l’image et des histoires qui vont avec, des films italiens, américains, européens, africains et caribéens. De nombreuses rencontres m’ont fait côtoyer Will Smith à Cannes, Rita Marley en Jamaïque, Antonio Banderas ou Pablo Almodovar au Festival de Cannes. Et j’attends …

Oups, j’ai eu un petit rôle dans la “Rue Cases Nègres” dirigée par la martiniquaise Euzhan Palcy et joué dans Antigone de Sophocle ou dans Othello de Shakespeare. Des pièces de théâtre adaptées par d’illustres professeurs  comme le metteur en scène franco-belge Pierre Debauche, fondateur notamment du Théâtre des Amandiers de Nanterre et du Théâtre du Jour à Agen. Et donné la réplique à Alain Lenglet sociétaire au Conservatoire d’Art Dramatique de Paris.

Et un grand salut à Joby Bernabé, notre plus grand conteur vit à la Martinique ! Une pensée à Aimé Césaire qui, comme un père, m’a tendue la main quand, stagiaire au théâtre, j’en avais besoin.

Dorothée Audibert-Champenois (Dothy), rédactrice web. Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy

La jamaïcaine Pinky Cole crée Slutty Vegan, un burger 100% végétalien pour «un nouveau mode de vie plus sain»

«Les gens viennent du monde entier», explique Pinky Cole. «Ils viennent du Kenya, ils viennent de Londres, Ohio, Europe. Ils viennent de très loin pour consommer mes burgers Slutty Vegan.» 

Slutty Vegan est un restaurant de hamburgers 100% végétal. En moins d’un an la propriétaire Pinky Cole a vu son chiffre d’affaire s’envoler si bien qu’elle envisage d’ouvrir deux autres restaurants du même genre à Jonesboro, en Géorgie, et dans le quartier Old Fourth Ward d’Atlanta.

Imaginé au départ dans un petit deux pièces en Géorgie, le commerce de burger vegan est en train de s’étendre au-delà des frontières d’Atlanta. La fondatrice de Slutty Vegan, Pinky Cole, raconte dans plusieurs médias Outre-Atlantique, le succès de sa recette végétalienne, vendue en ligne puis dans un  burger shop.

La file ne désemplit devant le restaurant Pop-Up Store de Pinky Cole, depuis son ouverture en janvier 2019. Le jour de l’ouverture, plus de 1 200 clients se sont présentés et ont souvent attendu plus de 8 heures pour goûter aux créations culinaires de la propriétaire. Sa recette de burger semble si savoureuse que les clients ne peuvent s’empêcher de rédiger leur feedback sur sa page Instagram qui affiche près de 250 000 abonnés : «Je l’ai découverte sur les réseaux sociaux. La nourriture est vraiment, vraiment bonne. » atteste une cliente.

 

La première semaine, seuls quatre clients se sont présentés. La deuxième semaine, 150 personnes attendaient dehors et le nombre a augmenté si rapidement que Pinky Cole s’est résignée à quitter la cuisine à domicile pour un impressionnant  camion aménagé. Quatre mois plus tard, elle signait un bail pour intégrer un lieu fixe.

Pinky Cole est encore surprise de ce rapide succès et la native de Baltimore explique  : «Ce devait être un restaurant à domicile où les gens commandent de la nourriture en ligne et les récupèrent via un service de livraison», s’étonne la jeune entrepreneure, diplômée de la Clark Atlanta University à Atlanta. Mais Slutty Vegan  est aujourd’hui l’un des plus grands concepts alimentaires aux Etats-Unis, une entreprise fondée grâce à la volonté et au dynamisme de Pinky Cole.

Pinky Cole débute sa carrière professionnelle comme assistante de production à la télévision puis devient productrice à l’âge de 21 ans. Elle ouvre en 2014 Pinky’s, un restaurant jamaïcain à New York qui brûle dans un incendie accidentel. Pinky Cole perd tout, son restaurant, son appartement, sa voiture, elle est obligée de repartir de zéro. Productrice de télévision, elle est embauchée à Los Angeles dans l’émission «Fix My Life» sur BET. La badass girl économise et relance son business. Dans son deux pièces, elle cuisine des burgers végétaliens. La communauté noire en raffole, Pinky Cole est à l’avant-garde d’un mouvement de véganisme qui croît dans la communauté noire américaine.

«J’ai grandi avec des parents jamaïcains. Mon père a fait 20 ans de prison. J’ai vu à quel point ma mère a travaillé dur, elle a occupé quatre emplois pour prendre soin de nous », a déclaré  Pinky Cole. «Donc, pour rendre ma mère fière, pour rendre ma famille en Jamaïque fière, ce restaurant est-ce que j’estime être quelque chose de bien.»

Les menus du shop burger intriguent les célébrités, Fussy Hussy, Sloppy Toppy et One Night Stand et attirent les curieux. Les vedettes, les sénateurs, les stars du sport et es anonymes obtiennent le fameux #Sluttified.

Face à un nombre important de diabétiques et un taux d’hypertension très élevé dans la communauté afro-américaine, une autre alimentation pour un autre mode de vie devenait l’alternative.  L’arrivée des produits vegan a marqué un tournant dans la façon d’appréhender la nourriture aux Etats-Unis et ce sont ces produits à base de plantes qui ont le vent en poupe depuis quelques années. Les produits vegan ont une telle popularité qu’en février PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) a célébré le Mois de l’histoire des Noirs avec un reportage sur 29 Black Vegans Saving Animals.

Bien que les hamburgers et les frites de Pinky Cole ne soient pas des repas diététiques, la naturopathe, Dymetra Pernell, considère que c’est un moyen d’atteindre les personnes malades, en particulier ceux de la communauté noire :  «Manger à partir d’un régime à base de plantes peut être délicieux». Pour Dymetra Pernell, il est essentiel «d’aider les gens à comprendre l’impact de l’alimentation sur leur santé».

«Je fais partie de ceux qui essaye de sensibiliser sur ce sujet et qui se préoccupe de savoir comment et pourquoi les maladies cardiaques et le diabéte de type 2 sont si répandus dans la communauté (noire)», a-t-elle déclaré. «Les personnes de couleur meurent et souffrent à un rythme disproportionnellement plus élevé que toute autre race ou communauté, de maladies chroniques et de maladies liées au mode de vie.»

Dymetra Pernell, naturopathe

Comptent parmi les clients de Slutty Vegan des stars du show business tels Cory Booker, Colin Kaepernick, Issa Rae, Tyler Perry, Martin Lawrence, 2Chainz, BOB, Missy Elliott, Usher, et des dizaines d’autres.

Lorsque Pinky Cole ne dirige pas son entreprise, la jeune femme organise des work shop, des ateliers où elle conseille, démontre et expose sa vision d’une alimentation nouvelle, végétalienne, savoureuse et saine.

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Sarah Rector, 11 ans, la petite fille noire la plus riche d’Amérique

Sarah Rector est née en 1902 de parents affranchis et quelques années plus tard, alors qu’elle n’est qu’une enfant, elle sera reconnue comme la fille noire la plus riche de la nation américaine. Sarah avait 11 ans. Son histoire est racontée dans « Searching for Sarah Rector : La fille noire la plus riche d’Amérique» de l’écrivaine pour enfants Tonya Bolden.

Sarah Rector et sa famille étaient des membres afro-américains de la Muscogee Creek Nation (au Sud-est des États-Unis) et vivaient dans une modeste cabane dans la ville à prédominance noire de Taft, dans l’Oklahoma.

Après la guerre de Sécession, les parents de Sarah Rector qui étaient autrefois réduits en esclavage par des membres de la tribu Creek, avaient droit à des attributions de terres en vertu de la Dawes Allotment Act de 1887. En conséquence, des centaines d’enfants noirs, ou «mineurs de Creek Freedmen», ont chacun obtenu 160 acres de terre (environ 65 hectares) en tant que territoire indien intégré au territoire de l’Oklahoma pour former l’État de l’Oklahoma en 1907. Alors que les terres accordées aux anciens esclaves étaient généralement rocheuses et stériles, celle de Sarah Rector était située au milieu du champ pétrolifère de Glenn Pool, initialement évaluée à 556,50 $ (515 euros).

À court d’argent, le père de Sarah loue la part de sa fille à une grande compagnie pétrolière en février 1911 pour l’aider à payer la taxe foncière annuelle de 30 $ (28 euros). Deux ans plus tard, la fortune de Sarah Rector prend un tournant majeur lorsque le foreur pétrolier indépendant B.B. Jones produit un «gusher» (des puits) sur son terrain qui rapporte 2 500 barils  par jour. Sarah Rector commence à gagner plus de 300 $ par jour en 1913, c’est à dire entre 7 000 $ et 8 000 $ actuels.

Titre à la Une de The Kansas City Star, 6 septembre1913

La notoriété de Sarah Rector explose. Selon le magazine Face 2 Face Africa, en septembre 1913, le journal local du Kansas City Star titre «Des millions pour une fille noire, Sarah Rector, 10 ans, a un revenu de 300 $ par jour grâce au pétrole»,  Le Savannah Tribune écrit: «Un puits de pétrole produit un revenu net de 112 000 $ par année pour une fille noire». Un autre journal l’a surnomme «la nègresse la plus riche du monde».

À l’époque, une loi exigeait que les Amérindiens, les adultes noirs et les enfants qui étaient citoyens du territoire indien avec des biens et beaucoup d’argent devaient être représentés par des tuteurs blancs «très respectés». En conséquence, la petite Sarah aura comme tuteur non plus ses parents mais un homme blanc nommé T.J. Porter. Soucieux de son bien-être et de son tuteur financier blanc, les premiers dirigeants du NAACP ( l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur) se sont battus pour la protéger, elle et sa fortune.

The Rector Mansion 

Quand elle a eu 18 ans, Sarah Rector valait 11 millions de dollars. Elle possédait également des actions et des obligations, une pension, une boulangerie et un restaurant à Muskogee en Oklahoma, et 2 000 acres (810 hectares) de terrain. Elle quitte Tuskegee avec sa famille pour Kansas City dans le Missouri, où elle achète une majestueuse maison en pierre., connue sous le nom de Rector Mansion.

En 1922, elle épousa Kenneth Campbell, le deuxième Afro-américain à posséder une concession automobile. Le couple aura trois fils et était accepté comme un membre de la royauté locale, conduisant des voitures chères et recevant à leur domicile des élites comme Joe Louis, Duke Ellington ou Count Basie. Le couple divorce en 1930 et Sarah Rector se remarie en 1934.

Durant la  « crise économique des années 1930 », c’est-à-dire lors de la Grande Dépression qui commence de 1929 à la seconde guerre mondiale, Sarah Rector perdra une grande partie de sa richesse. la petite fille noire la plus riche d’Amérique est morte le 22 juillet 1967 à 65 ans. Elle possédait encore des puits de pétrole et des biens immobiliers.

Source BlackPast.org
Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images BlackPast.org/DailyGeekShow/The vintagenews/The Martin City Telegraph

Euzhan Palcy, martiniquaise engagée, pionnière pour les cinéastes afro-américains et boudée en France

Le cinéma antillais et afro-américain a son icône : Euzhan Palcy. Si aujourd’hui le monde du cinéma antillais et afro-américain est si riche de scénaristes, de réalisateurs, de techniciens, d’acteurs et d’actrices, il le droit, pour une large part à l’oeuvre importante de la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy. Connue mais peu célébrée dans l’Hexagone, Euzhan Palcy a une place de choix dans la communauté noire et aux Etats-Unis qui en toutes occasions, lui rendent hommages ou la sollicite. Invitée dans de nombreux festivals de cinéma pour son expertise comme réalisatrice et pionnière la native martiniquaise est l’une des premières femmes noires à s’affirmer dans le cinéma international. La Directors Guild of America lui a consacré récemment une très longue interview qui retrace le parcours d’une cinéaste exceptionnelle, chouchoutée par son public antillais, admirée des cinéastes afro-américains mais boudée en France, dont voici les moments les plus forts.

La carrière d’Euzhan Palcy est étroitement liée aux retentissements internationaux de son premier long métrage «Rue Cases Nègres» traduit pour la scène internationale «Sugar Cane Alley». Ce livre qui contribuera à la faire cconnaître, elle le découvre alors qu’elle n’est qu’une toute jeune enfant au Gros-Morne. Elle n’a pas 11 ans, la petite Palcy, mais déjà convaincue d’une avenir dans l’industrie du cinéma : «Parfois je le disais aux gens et ils ne comprenaient pas cela. Ils pensaient que je voulais devenir une actrice. Je répondais pourtant : Non, non,non».

Euzhan trouve une oreille bienveillante aux côtés de son père très attentif, un brin féministe, qui l’encourage et veille. Euzhan Palcy descend  dans la capitale, elle fera ses premiers pas de cinéaste au centre Culturel de Fort-de-France. La jeune fille se rôde au tournage, à la direction d’acteurs, au montage et à la présentation d’un court métrage qu’elle réalise en 1982 : L’Atelier du diable. Une expérience qui la conforte à progresser dans cette voie. Mademoiselle Palcy à 20 ans quand elle part en métropole comme les jeunes de son âge mais pas pour «devenir médecins, avocats», infirmiers ou facteurs mais pour étudier le cinéma et la littérature à la Sorbonne. La Martinique, on ne compte pas encore de femme cinéaste.

«Rue Cases Nègres» toujours dans son viseur, Euzhan Palcy écrit un scénario et lit ses feuillets à des amies étudiantes. Jusqu’au jour où la fille de François Truffaut lui propose d’en parler à son père. «Papa veut te voir» sera la réponse de la fille du réalisateur des «Quatre cent coups», une semaine après que le grand cinéaste ait lu le scénario de la jeune martiniquaise. Euzhan Palcy obtient à l’unanimité du jury une avance sur recettes du Centre National de la Cinématographie.

À Rivière Salée comme dans toutes autres communes de la Martinique, dans les années 1930, la vie quotidienne dans les champs est pénible. Comme le décrit le saléen Joseph Zobel dans la «Rue Cases Nègres», à cette époque, les noirs vivent misérablement dans des cases en bois et de paille alignées au lieu-dit : rue Cases-Nègres dans la bourgade de Rivière Salée. Les parents travaillent la journée et les enfants vont à l’école. Le petit José vit avec sa grand-Mère M’man Tine, du haut de ses 11 ans, il décrit cette vie où les Blancs, les Békés vivent dans de luxueuses habitations et contrôlent toute l’économie du pays. José travaille bien, il obtient son certificat d’études, un quart de bourse. M’man Tine veut que son petit-fils réussisse, elle part pour Fort-de-France.

En 1983, le long métrage de fiction «Rue Cases Nègres» aura coûté environ 3,5 millions de francs (environ 500 000 euros), il remporte quatre prix à la Mostra de Venise dont le Lion d’argent, un Prix d’Interprétation pour Darling Légitimus puis en France, en 1984, le César de la meilleure première œuvre. Une carrière internationale se dessine pour la réalisatrice Euzhan Palcy. La Martinique a sa première réalisatrice de cinéma.

Mais la France n’est pas encore prête, l’antillaise peine à développer des projets dans l’hexagone. Celle qui a grandi en regardant des films américains aux Antilles part à Hollywood. Les grands studios d’Hollywood s’intéressent à la désormais réalisatrice primée de dix-sept prix internationaux. L’acteur Robert Redfot l’introduit au Festival du Film Sundance où elle participe à plusieurs ateliers, nous sommes en 1984. Aux Etats-Unis, il n’existe pas de femmes noires réalisatrices, qu’importe, Euzhan Palcy propose un long métrage sur l’Apartheid «Color Purple». La Warner Bros ne poursuit pas sa collaboration et Euzhan Palcy convainc finalement la MGM de produire «A Dry White Season» (Une Saison Blanche et Sèche) une adaptation du roman d’André Brink. Le film qui réunit un beau casting, Donald Sutherland, Marlon Brando et Susan Sarandon aura un budget de 20 millions de dollars, soit quarante fois supérieur à celui de la «Rue Cases Nègres». Six ans après la «Rue Cases Nègres», la martiniquaise devient la première femme noire à réaliser un film pour un grand studio.

Quelques années plus tard, Euzhan Palcy décide de revenir sur son île. Elle réalise Siméon en 1992, un conte musical fantastique qui se déroule en Guadeloupe et à Paris, réalise un documentaire sur le poète et politicien Aimé Césaire et sort une mini-série pour la télévision française. Après avoir rejoint la Directors Guild America** en 1997, l’antillaise dirige un téléfilm pour Disney, Ruby Bridges (1998), l’histoire vraie de la première fille de couleur à fréquenter une école publique à la Nouvelle-Orléans. Euzhan Palcy est aussi l’auteur  de The Killing Yard (2001), un court-métrage, sur les émeutes à la prison d’Attica en 1971.

Régulièrement la réalisatrice a une place d’honneur dans les Festivals de cinéma aux Etats-Unis où elle on salue son parcours de femme de cinéma. De New-York à Los Angeles où elle vit, elle inspire des réalisateurs, réalisatrices, producteurs et productrices afro-américains tels Ava Duvernay ou Dee Rees. Et apprécie les hommages qu’on lui rend : «Je me suis battue, j’ai ouvert la voie à tous ces jeunes cinéastes qui maintenant sont connus. Ce que j’apprécie chez les réalisateurs comme Ava DuVernay, (distributrice de films, réalisatrice, productrice et scénariste américaine), c’est qu’ils reconnaissent la contribution de leurs aînés quand ils disent : « OK, j’ai fait un film, mais c’est grâce aux travaux accomplis par d’autres cinéastes avant moi.»

 

Euzhan Palcy a travaillé avec six studios aux USA, la cinéaste a été plusieurs fois primée dans de nombreux pays et son image a fait le tour du monde, elle est mondialement connue pour son cinéma engagé. Ses conseils aux jeunes et ses préconisations pour un cinéma ouvert aux femmes et moins discriminatoire sont décryptés. «J’ai passé de nombreuses années ici (USA) et j’ai travaillé avec six studios, donc je sais comment ils fonctionnent. Je sais comment les décisions sont prises et pourquoi elles sont prises. J’étais à l’intérieur et je l’ai vu, donc je suis tout sauf un rêveur. Mais J’espère que [les studios] comprendront qu’ils doivent s’ouvrir aux femmes, s’ouvrir aux cinéastes noirs, car ils ne savent pas ce qui leur manque.» a déclaré Euzhan Palcy à la Directors Guild America***.

En Mars 2019, Euzhan Palcy était l’invitée d’honneur du Festival du Film de Femmes de Créteil qui se déroulait du 22 au 30 mars. La martiniquaise est une habituée du Festival du Cinéma de Cannes qui se déroule chaque année e à la mi-mai.

En 1995, le Président François Mitterrand élève la cinéaste au rang de Chevalier de l’Ordre national du Mérite. En 2004, Jacques Chirac décore Euzhan Palcy de la Légion d’honneur. En Martinique, une école porte son nom.

PS : ***The Directors Guild America (DGA), Initialement dénommé Screen Directors Guild date de sa création en 1936, la DGA est un syndicat professionnel qui représente les intérêts des réalisateurs de cinéma et de télévision dans l’industrie amicaine du cinéma.

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Image DGA et source/C’news Actus Dothy(Palcy à Cannes)

Née au Soudan, élevée dans un camp, Adut Akech est le mannequin le plus demandé dans la mode

L’histoire d’Adut Akech est extraordinaire.

Née au Soudan du Sud, elle devient une enfant réfugiée et passe les huit premières années de sa vie dans le camp de réfugiés de Kakuma au Kenya. Ensuite elle migre avec ses parents en Australie.

Aujourd’hui, Adut Akech est l’un des modèles les plus demandés dans la mode. Elle défile régulièrement pour des marques telles que Chanel, Valentino et Givenchy et fait la Une des couvertures de magazines de Mode les plus prestigieux.

A l’occasion d’un reportage sur CNN Style elle avouait en février 2019 : « Je ne me souviens pas beaucoup de mes premières années, mais certains souvenirs vifs persistent: la chaleur torride mais toujours réconfortante du soleil africain, la riche couleur brune de la terre kenyane, des adultes issus de milieux différents du mien aidant les autres avec leurs besoins quotidiens. Les rires insouciants et les mains qui caressent les enfants comme moi, qui ne cessent jamais alors de danser dans nos propres petits univers. »

Dans ce reportage qui avait pour thème la famille, Adut Akech racontait son expérience avant de devenir le Top Model de haut niveau qu’elle est aujourd’hui. C’était sa vie au camp de réfugiés de Kakuma au Kenya, où elle aura passé huit ans.

« Là, j’ai non seulement développé des liens étroits avec mes parents les plus proches – ma mère et mes frères et sœurs – mais j’avais également un groupe plus important de personnes avec qui communiquer quotidiennement. Ils ont partagé mes expériences ou ont fait preuve d’empathie pour moi, et alors que je parcourais les terrains du camp jour après jour, je me souviens avoir « rencontré » beaucoup de sourires»

Le mannequin décrit ce qu’est pour elle le mot famille avec les valeurs qu’il accompagne. Star internationale, elle se déplace de New York à Paris et ne sent sent jamais seule et isolée même durant les périodes les plus stressantes : «Mes amis Adot Gak et Aicha Bassoum, ainsi que ma manager new-yorkaise Cheri Bowen représentent des gens de ma vie qui me veulent dans la leur, qui m’acceptent sans condition comme le ferait un membre de la famille. Lorsque le travail devient stressant ou lorsque les voyages deviennent solitaires, je sais qu’il y aura des voix de l’autre côté du téléphone qui m’encourageront. Ils me rappellent que la famille est un système de soutien, composé de bras solides qui remontent le moral.»

Adut Akech est une jeune femme exceptionnelle.

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Source CNNStyle – Images Facebook Instagram/AfriTopca

L’antillaise, Corinne Jean-Marie rejoint la Droite avec « Le changement pour Bezons »

Plus que jamais les élections municipales de mars 2020 redistribuent les cartes et ce sont de nouvelles alliances assumées que les citoyens issus des partis de Gauche ou de Droite révèlent au grand public. Plus de clivage, plus de cloisonnement, les militants qui résident dans l’Hexagone, n’ont qu’une priorité se faire entendre et participer activement à la vie de leur commune.

« Mes attentes sont d’abord, un changement de majorité sur la commune de Bezons pour que mon fils grandisse harmonieusement dans cette commune. Je veux un meilleur environnement pour lui et tous les autres enfants, être confiante, sans me soucier qu’il ne tombe dans la délinquance. J’ai envie de retrouver une convivialité intergénérationnelle, une politique interculturelle, celle qui m’a permis de grandir dans la tolérance et qui a marqué mon enfance ». Dans cette phrase Corinne Jean-Marie détaille son engagement futur pour la ville de Bezons et fait dans le même temps le bilan d’une gestion non maîtrisée de cette commune de Bezons qui l’a accueillie, il y a treize ans. C’est également un lourd constat d’échec de Dominique Lesparre (PCF), le maire sortant. Les idéaux progressistes et d’égalité, la critique de l’ordre social et le souci d’une plus grande justice sociale ne sont plus les valeurs de la Gauche traditionnelle : «Je n’étais plus en phase avec une Gauche locale divisée ou les égos des uns et des autres priment sur le collectif. Je n’étais plus en phase avec eux et par ailleurs, les résultats et les attentes des bezonnais ne sont toujours pas au rendez-vous ».

En conséquences, Corinne Jean-Marie originaire de la Martinique et de la Guadeloupe, jette l’éponge et celle qui a toujours milité auprès de son père au Parti Socialiste, se découvre des liens avec le candidat Marc Roullier. Proviseur à Saint-Ouen-l’Aumône et ex-principal du collège Gabriel-Péri de Bezons. Marc Roullier, sympathisant LR, est le seul candidat de droite à se présenter face au candidat Dominique Lesparre (PCF) qui brigue un quatrième mandat et qui fait face à deux autres listes de gauche, Marjorie Noël (PCF) et Nessrine Menhaouara (PS).

Si Marc Roullier, nouveau venu en politique n’a jamais participé à une élection, Corinne Jean-Marie native parisienne est une militante née : « J’ai bercé depuis toujours dans l’univers associatif ultramarine dans l’Hexagone grâce à mon père militant politique du PS qui m’a appris l’écoute et le sens de l’engagement ».

Corinne Jean-Marie dans une salle de travail à l’Assemblée Nationale (C’news Actus Dothy)

Et Corinne Jean-Marie n’est pas en reste, ce rapprochement Gauche-Droit porte déjà ces fruits avoue la jeune mère de famille : « J’ai eu la possibilité comme le reste de la liste, de participer à l’élaboration du programme  –Le Changement pour Bezons– On a pu remonter les attentes urgentes des bezonnais (es) et ceux des nouveaux arrivants dans la ville. Cette nouvelle configuration venant des citoyens m’a plu, c’est tout naturellement que je me suis investie avec la liste divers Droite ».

Les priorités des habitants, Corinne Jean-Marie peut les énumérer, elle réside depuis une dizaine d’année dans cette commune du département du Val-D’Oise. Intégrée dans la communauté d’agglomération Saint-Germain Boucles de Seine (les Hauts-de-Seine et les Yvelines), tout en restant dans le Val-D’Oise, Marc Roullier, interrogé par le Parisien en septembre dernier, estime que pour sa commune : « Le grand sujet, c’est de repenser l’urbanisme, car c’est plein d’erreurs. On subit un urbanisme idéologique, soutient-il. On veut davantage d’espaces verts, retrouver les berges… » 

Paris, Assemblée Nationale

En adéquation aux souhaits du candidat Marc Rollier, Corinne Jean-Marie insiste : « Nous avons un programme réaliste pour la ville et ses habitants, axé sur la famille, l’urbanisme écologique et une gestion équilibrée. Pour y arriver cela passe par un renouveau de la pratique de la politique locale et d’une équipe issue de la société civile composée de personnalités diverses et intergénérationnelles. Mais je suis consciente que notre réussite passera par le suffrage universel direct des bezonnais (es)».

Sur les marchés, lieux de prédilections pour tester toutes campagnes municipales, Corinne Jean-Marie, femme ultramarine n’a aucune crainte : « Ma spécificité d’ultramarine est un avantage car depuis bien longtemps, j’ai le modèle du vivre ensemble à l’image de nos Outremer et de leurs histoires. Pour ma part, c’est ce modèle que je souhaite mettre en évidence au sein de la nouvelle municipalité par la mise en place de commémorations, d’événements culturels. Je voudrais renforcer le jumelage entre les associations de la ville et des communes des Outremer, d’Europe et d’Afrique ».

Corinne Jean-Marie, liste de Marc Roullier aux municipales 2020 à Bezons

Les mésaventures de Steevy Gustave, candidat martiniquais victime de propos racistes à Brétigny-sur-Orge en janvier dernier, ne la freine pas et l’antillaise répond sans ciller : « Je suis avant tout un être humain. Il va falloir faire avec mon moi une -Afro-caribéenne- française qui est fière de l’histoire de ses ancêtres. Je revendiquerai toujours mon identité d’ultramarine ».

Quant à ses détracteurs, anciens militants du PS, Corinne Jean-Marie ne fait pas dans la dentelle et fustige : « La Gauche locale crie à la trahison mais moi je leur dis que je ne peux pas cautionner une politique communautaire cultuelle à outrance orchestrée par l’ensemble de la municipalité sortante. Cette façon de faire de la politique est au détriment des autres bezonnais qui sont considérés comme invisibles et qui ne votent pas. Ce sentiment est ressenti par beaucoup d’habitants. »

Dans une liste soucieuse de l’équité et de la parité, Corinne Jean-Marie rassure avec son dynamisme et ses convictions. Confiante, la jeune militante conclut : « Je suis pour le vivre ensemble en respectant l’histoire de chacun. Je ne renie rien, j’avance tout simplement dans le respect des valeurs républicaines. »

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Comme Naomi Campbell, Olivia Anakwe regrette que les coiffeurs noirs soient absents des grands défilés de mode

On se souvient qu’en avril 2019, Olivia Anakwe, mannequin nigérian-américain se plaignait d’être souvent seule en backstage pour sa mise en beauté. Aujourd’hui, la jeune fille rappelle les déconvenues des top modèles qui peinent en coulisses à trouver des coiffeurs qualifiés et compétents.   Une légère accalmie tout de même mais son constat reste sévère tout comme celui de son aînée Naomi Campbell.

Olivia Anakwe, Top model est étudiante, bénévole et animatrice de dîners. La jeune femme de 22 ans termine actuellement sa dernière année à l’Université Pace, où elle étudie la psychologie dans le but de devenir dermatologue. Par ailleurs, Olivia Anakwe a signé chez Elite Models et a participé à 40 shows, notamment pour Miu Miu, Thom Browne, Jacquemus, Marc Jacobs et Kate Spade. Top Modèle mais aussi bénévole, Olivia Anakwe est membre de Edible Schoolyard, un organisme à but non lucratif à New York qui se concentre sur la littératie alimentaire.

Même si elle admirait Naomi Campbell, Olivia Anakwe n’était pas une grande fan de mode. Sa carrière de mannequin est un pur hasard. Il y a trois ans, Olivia visitait la ville de New York et tandis qu’elle qu’elle mangeait à Westville avec sa famille, son futur agent, Marina Fairfax, l’a interpellée, lui demandant si elle avait pensé un jour devenir mannequin.

Afin de pouvoir jongler avec sa nouvelle carrière de mannequin et ses études, Olivia Anakwe est transférée de l’Université de Pittsburgh, où elle étudiait, à Pace. Depuis cette fameuse rencontre, le top model a parcouru les podiums de Paris à la Fashion Week de New York, tourné pour Harper’s Bazaar, Vogue et Allure, et joué dans une campagne Miu Miu tout en suivant ses cours tôt le matin ou tard le soir ou encore en ligne dans l’objectif d’atteindre son rêve, celui de devenir dermatologue.

En 2019, Olivia Anakwe a chahuté des coiffeurs qui ne pouvaient pas peigner les cheveux crépus ou texturés, décrivant sa propre expérience lors de la Fashion Week de Paris. A ce défilé, la jeune fille notait que seule, une manucure, une nail artist dans les coulisses d’un défilé de mode, était disponible pour lui tresser les cheveux. Une mauvaise expérience pour l’américo-nigeriane qui aussitôt a lance cet impérieux conseil à ses pairs :  «Quelle que soit la taille de votre équipe, assurez-vous d’avoir une personne compétente pour les soins des cheveux texturé afro ou embauchez simplement un coiffeur noir» a écrit Olivia sur un post publié sur Instagarm.

Comme le fait remarquer certains médias de mode, cette histoire n’est pas inédite. En 2016, la mannequin Naomi Campbell déclarait à Teen Vogue des situations similaires quand elle a commencé à défiler: «Il est décevant d’entendre que les modèles de couleurs rencontrent toujours ces mêmes problèmes toutes ces années plus tard.» D’autres mannequins ont également dénoncé le problème des cheveux noirs dans l’industrie de la mode, partageant leurs propres histoires et alertant sur la nécessité d’apporter ses propres produits, de trouver un autre mannequin pour s’entre-aider, ou au pire de garder les cheveux complètement naturels.

L’agacement d’Olivia s’est manifesté quand un mannequin allemand dans les coulisses s’est vexé qu’un coiffeur refuse de la coiffer. Olivia Anakwe voulait s’assurer que tout le monde était au courant de ce qui se passait et comment était traité les mannequins noirs. Le Top a donc publié un long message sur son compte Instagram :«Il était très important pour moi de ne pas seulement aborder le sujet avec colère mais de se demander ce que nous pourrons faire  pour améliorer les choses» précise la nigeriane dans la presse.

Olivia Anakwe n’a aucun moment  été inquiète des réactions violentes après s’être exprimée sur la question. «Il est toujours important d’exprimer votre opinion si vous êtes dans une situation inconfortable, exprimez-vous» estime le mannequin. «Je pense que le fait de devenir mannequin alors que j’étais plus âgée, à 18 ans, cela m’a permis d’avoir cette voix et cette volonté pour que je puisse parler suite à une situation qui me mettait mal à l’aise.»

Plusieurs médias ont relayé sa colère devenue virale sur la Toile en avril 2019 et les langues se sont déliées. Les acteurs noirs ont commencé à partager leurs expériences. Mais la réponse la plus surprenante, c’est celle-là :  «Un coiffeur m’a contacté pour me dire qu’il allait commencer à offrir des cours pour que les gens apprennent davantage sur les produits capillaires adaptés aux cheveux afro», explique Olivia. «Un autre Top m’a approchée pour obtenir une liste des produits capillaires afro qu’il faudrait avoir dans les coulisses.» Depuis, Olivia Anakwe, assure qu’elle a pu travailler avec des coiffeurs connaissant mieux les cheveux des personnes Noires.

Cette publication virale date de presque un an et Olivia Anakwe se prépare aujourd’hui à concrétiser ses rêves d’étudiante. En mai prochain, elle obtiendra son diplôme de l’Université Pace. Avocate et bénévole pour Edible Schoolyard, elle a aidé l’organisation à but non lucratif à collecter plus de 20 000 dollars. En décembre 2019, elle s’est rendue à Lagos, au Nigéria, pour aider le programme d’alphabétisation alimentaire :  Lagos Food Bank Initiative. Olivia Anakwe projette d’y retourner cette année pour poursuivre son aide humanitaire.

Dorothée Audibert-Champenois/Source teen Vogue Facebook Twitter Instagram C’news actus Dothy
Images Kim Weston Arnold / Indigital.tv:/Facebook/  Jacq Harriet:

La Fashion Row de Harlem (HFR), l’événement dédié aux créateurs Noirs, visité par les plus grandes stars

La culture franco-américaine a longtemps influencé les tendances mondiales de la mode. Parmi les plus populaires, Virgil Abloh avec sa marque de streetwear de luxe Off-White avant qu’il ne devienne le directeur artistique de la mode masculine chez Louis Vuitton.

Virgil Abloh et Rihanna

Mais malgré ces succès et la montée en puissance des modèles noirs sur les podiums de mode, les créateurs noirs sont toujours sous-représentés. Même à New York, où environ 25% de la population est noire, seulement neuf créateurs figuraient sur le calendrier officiel de la Fashion Week de New York.

Fondée par Brandice Daniel, originaire de Memphis, Harlem’s Fashion Row (HFR) est une entreprise qui tente de remédier à cette absence de diversité dans ce secteur.  L’organisation fournit une plate-forme et un support aux designers noirs, les aidant à établir des liens utiles qui pourraient leur permettre de se faire connaître, de faire un premier pas das l’entrepreneuriat de la mode et de s’imposer. Chaque année des stars de la communauté noire américaine répondent présents aux différents shows orchestrés par Brandice Daniel et sa team.

Brandice Daniel

Brandice N. Daniel a créé le HFR en 2007. A l’époque, elle était commerciale pour le grossiste International Intimates jusqu’au jour où elle assiste à un défilé de mode à Brooklyn et constate que les collections des créateurs noirs se comptaient sur les doigts de la main. Il y en avait très peu dans les grands magasins et dans les maisons de couture. Brandice N. Daniel lance alors ses propres défilés multiculturels à Harlem,. Harlem, ce quartier du nord de Manhattan à New York qui a toujours été l’épicentre de la créativité des Noirs.

Des défilés de mode mais d’autres occupations occupent l’équipe, HFR organise également des événements sociaux pour promouvoir les talents émergents et rendre hommage aux créateurs noirs dans toutes les industries. En 2019, l’entreprise  a présenté une exposition en hommage à Ruth E. Carter, la première personne de couleur à remporter l’Oscar du meilleur design de costumes. Ruth E. Carter est la créatrice de costumes afrofuturiste du film Marvel «  Black Panther  ». Brandice N. Daniel s’est associée aussi au géant Google lors d’un sommet sur la diversité dans la mode.

Ruth E. Carter (en veste orange), Brandice N. Daniel et un acteur en tenue du film Black Panther

HFR a lancé son projet le plus prestigieux à ce jour, une collaboration avec Nike et Lebron James.
Trois femmes de Fashion Row de Harlem dont Undra Duncan, Felisha Noel et Kimberly Goldson ont travaillé avec la créatrice Nike Meline Khachatourian pour mettre sur le marché la première sneaker pour femmes. Après son lancement aux Style Awards et au Fashion Show de HFR, la chaussure se serait vendue cinq minutes après sa sortie officielle.

Brandice N. Daniel, Spike Lee

« Le HFR peut avoir un impact considérable sur votre entreprise si vous vous y croyez« , a déclaré Brandice N. Daniel tout en soulignant que l’organisation n’est pas une « pilule miracle« .

Des appels s’élèvent pour saluer les efforts de HFR qui rend audible les voix marginalisées dans l’industrie de la mode : « Il est indéniable que les concepteurs multiculturels et les personnes de couleur ajoutent une saveur et une profondeur incroyables dans ce secteur, que les pouvoirs en soient conscients ou non. » estime Brandice N. Daniel, la fondatrice de la Fashion Row de Harlem.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
Images ArtLiving/Terese Sydonna défilé/Praise Cleveland/Facebook

Le guadeloupéen Antony Etelbert explique son alliance à Cédric Villani, candidat libre, ex-ministre d’Emmanuel Macron

« Je suis ouvert, je suis à l’écoute, je suis sur le terrain ».

Cédric Villani, candidat à la mairie de Paris pour les prochaines élections municipales de mars prochain était en campagne, toute la matinée de dimanche 16 février, sur le marché de la Place des Fêtes dans le 19ème arrondissement de la capitale. Avec en tête de liste dans ce secteur, Paula Forteza, le guadeloupéen Antony Etelbert battait campagne auprès de l’équipe de Cédric Villani, chaleureusement appelé «le mathématicien» par de nombreux forains présents sur la place du marché, à la sortie du métro Place des Fêtes. L’occasion de rencontrer, un jour de marché, l’un des rares ultramarins inscrits sur les listes des candidats briguant les 20 municipalités parisiennes.

Antony Etelbert étant lui-même dissident du Partie Socialiste dans lequel il a très longtemps milité, explique les raisons de sa récente alliance avec Cédric Villani, lui,  étant toujours député LREM à l’Assemblée nationale, le parti présidentiel qui a amené Emmanuel Macron au pouvoir. Français mais surtout ressortissant des Outremer, l’antillais Antony Etelbert s’est attaché à répondre à de nombreuses questions que le public des outremer se posent. En quoi se positionner sur une liste d’un dissident d’Emmanuel Macron peut être bénéfique aux milliers d’ultramarins qui vivent à Paris?

Tout d’abord, il s’agit pour Antony Etelbert de faire entendre les légitimes revendications de ces compatriotes et selon lui, Cédric Villani est apte à le faire, c’est lui qui a tenu à inviter les ultramarins à se joindre à lui. Sans clivage à gauche ni à droite, le programme de Cédric Villani et de son équipe avec Paula Forteza en tête de liste dans le 19ème arrondissement s’attelle à défendre un programme d’Alternance à Paris : « Cédric Villani a cette particularité d’être pas enfermé dans une logique de parti ».

 

Et Antony Etelbert qui vit dans le 19ème arrondissement espérait ce renouvellement et le souhaitait. Le programme de Cédric Villani basé sur les valeurs du Progressisme, de l’Ecologie et de la Démocratie permettrait au guadeloupéen Antony Etelbert de faire avancer bien des dossiers spécifiques notamment aux devoirs de mémoires et à de multiples questions liées à la santé, à l’économie en Outremer mais surtout aux nombreuses revendications des citoyens français des Outremer qui travaillent et résident dans le bassin parisien.

Dimanche 16 février, Cédric Villani battait campagne dans le 19ème arrondissement, son mot d’ordre à son équipe et aux journalistes présents :
La politique ce n’est pas chercher le moyen attaquer les uns ou les autres, la politique c’est être au contact des citoyens, répondre à leurs questions, écouter ce qu’ils ont à dire. Antony Etelbert explique ce qui l’a séduit chez ce brillant mathématicien, se présentant face à la maire sortante de Paris, Anne Hidalgo :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy


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Michelle Obama et Beyoncé sont ses clientes, Felisha Noel créatrice de mode est originaire de la Grenade

Felisha Noel n’en revenait pas, quand en décembre dernier, Jay Z le mari de Beyoncé la tague sur un post Intagram. Beyoncé portait ce jour-là, pour fêter les 49 ans du chanteur-producteur, une pièce de la collection Fe Noel de 2017.  La créatrice de mode de 32 ans a failli tomber de sa chaise. Elle racontait cette anecdote dans le journal The New York Post. Une fin d’année qui se termine bien pour Felisha Noel, une année 2019 qui a son apothéose à la Fashion Week de New York.

Toutes ses créations révèlent son origine, s’inspire de sa culture et de l’histoire compliquée des afrodescendants et de leurs ancêtres, comme un hommage à leur mémoire.  Avant tout Felisha Nol décrit la beauté de la femme quand elle crée et invente ses collections. Chacune de ses créations fluides et joliment imprimées est créée dans son studio Crown Heights, situé au sous-sol du bâtiment en briques jaunes à trois étages qui appartient à sa mère Sonia.

Née à Brooklyn, Felisha Noel qui a un fils de 2 ans, aime la mode depuis qu’elle est toute petite. Son histoire prend forme quand sa maman Sonia ancienne assistante administrative chez un fabricant de vêtements apportait fréquemment des échantillons de tissu à la maison pour Noel qui ne se lassait de jouer avec les chutes de tissu.

A 19 ans, en 2006, elle cofonde une boutique de streetwear, The Wagon à Crown Heights dans laquelle elle propose aux clients un mélange de pièces vintage haut de gamme à partir de ses propres créations originales de Noel. Une période difficile pour la créatrice en herbe : «les temps étaient durs. J’avais 19 ans, et mon partenaire commercial et moi étions vraiment en train de démarrer, comme vendre quelque chose, payer le genre de facture légère. C’était super stressant. »

Elle ferme en 2011 et toujours déterminée, Felisha Noel ouvre une boutique en ligne et lance la ligne «Simply Intricate by Fe Noel». Elle vend un ensemble de deux pièces moulant porté par le chanteur Jordin Sparks aux Teen Choice Awards 2014. Tout démarre, «C’était la première fois que je commençais à gagner de l’argent» avoue la caribéenne. L’ensemble se vend comme des petits pains.

Mais c’est son somptueux flux Instagram qui la relance vraiment. Elle invente des baskets et des maillots glamour pour femme pour la collection Nike de Lebron James en 2018. Puis, cerise sur le gâteau, sa carrière se propulse et va atteindre un sommet inimaginable : Michelle Obama portait un pantalon Fe Noel orange vif et monochrome choisi pour la promotion de ses mémoires, «Becoming». « Je ne peux même pas vous décrire le sentiment que j’ai eu de la voir traverser la scène », dit Noel à propos de la séquence, ajoutant que même si le styliste d’Obama avait demandé le look, elle ne savait pas si, ni quand, l’ancien premier la dame le porterait.

Avec force et talent Felisha Noel s’est imposée dans le monde de la mode et son succès est planétaire, dépasse l’espace antillais. La marque Fe Noel est portée avec élégance par les grandes Dames américaines.

Felisha Noel, la créatrice de Brooklyn, originaire de la Grenade, une petite île de l’Archipel antillais, a eu la bonne idée d’introduire les couleurs de sa région lors de son premier défilé à la Fashion Week de New York 2020. Plus qu’un défilé c’est un vrai spectacle que la jeune designer a proposé à son public new yorkais.

Des bruits des vagues de l’océan et des palmiers et des plages défilaient sur de grands écrans pendant que les mannequins de la créatrice bougeaient sur le catwalk. Le spectacle a commencé avec un court-métrage qui présentait sa collection «Fille du sol» et montrait au public ce à quoi ressemble la tradition grenadienne. Felisha Noel s’explique sur on compte Instagram : « Dans cette vidéo, nous utilisons la culture #JabJab comme expression artistique et comme métaphore pour représenter la liberté et la lutte. Tout ce que nous endurons pour atteindre notre MOI ». « C’est ce combat qui nous permet de découvrir ce dont nous sommes capables et la beauté qui est en nous. »

Jab Jab fait partie de la tradition J’ouvert, où à la Grenade, une partie de la tradition consiste à maculer de la peinture, de la boue ou de l’huile sur le corps des participants appelés « Jab Jabs » (patois), ou «Diable Diable» en français.

Les coiffures pour le spectacle ont été aussi soigneusement conçues que les vêtements. Certains modèles ont enfilé leurs raccourcis naturels, tandis que d’autres ont basculé deux longs cornrows droits ou « tresses », également appelées canerows dans les Caraïbes. Qui fait dire à Naeemah Lafond, la coiffeuse du show, que le style «tresse à pointes» était «né sur la plage de la Grenade l’année dernière».

Depuis le pantalon large Fe Noel orné de rayures colorées aux ensembles coordonnés à carreaux et des robes en soie romantiques, toute la collection était était réalisée avec Art. Coloré, féminin et expressif, les robes de la collection étaient vibrantes, avec des motifs imprimés qui vous donnaient l’envie de visiter les îles de la région Caraïbe. « Il y avait des tissus transparents rêveurs, des plaids menthe et des rouges vibrants qui rendaient tous hommage aux racines de Noel. Juste en voyant les vêtements et son savoir-faire, vous pouviez sentir à quel point elle était fière de son ascendance à travers les dessins » sont en résumé les critiques et les commentaires sur le premier défilé en public de Fe Noel.

Même si la caribéenne faisait là son premier show, elle n’est pas à son premier coup de maître. Avec sa marque Fe Noel, la jeune styliste s’est déjà fait connaître dans l’industrie de la mode en décrochant des ventes inédites. Fe Noel qui a déjà réalisé des collections en collaboration avec la Fashion Row de Harlem (HFR) pendant la Fashion Week a comme clientes des personnalités comme Beyoncé ou Michelle Obama.

Beyonce (portant une tenue de Fe Noel) et Jay Z

Fondée par Brandice Daniel, originaire de Memphis, Harlem’s Fashion Row (HFR) est une organisation qui fournit une plate-forme et un support aux designers noirs, les aidant à établir des connexions qui pourraient soutenir leurs entreprises.

« Daughter of the Soil est un hommage à devenir votre MOI, à montrer mon authenticité, celle qui rend les ancêtres fiers. C’était un film effrayant à regarder, mais il a donné le ton du spectacle, et tout le monde savait dès le départ que nous étions pour une célébration de la culture grenadienne » a déclaré Felisha Noel.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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