Le Vogue Fashion Fund Award est décerné au designer Christopher John Rogers, ses influences caribéennes sont visibles

Glamour, espiègle et humour, voilà comment sont désignées les créations du designer Christopher John Rogers, qui signait sa deux collections à la Fashion Week de Février dernier à New York avant de remporter le Prix Vogue des Conseillers de la Mode .  Ses influences caribéennes sont visibles dans le choix de ses modèles  et de ses graphismes. Il est de la Louisiane.

Chaque année, des experts de la mode tels que l’américaine Anna Wintour et la bruxelloise Diane Von Fürstenberg se réunissent pour désigner un nouveau talent en matière de conception au sein du «CFDA / Vogue Fashion Fund Award». Le dernier gagnant, Christopher John Rogers, a 25 ans, il est originaire de Baton Rouge, en Louisiane.

Lundi 4 novembre dernier, Christopher John Roger a reçu 400 000 $ ( 361 430 d’euros) et un an de mentorat avec un membre de CFDA (Council of Fashion Designers of America).

Sa préparation au concours a duré quatre mois, il était en compétition avec  10 autres stylistes.

Les juges en charge de les départager sont tous des personnalités de l’industrie de la mode :  Anna Wintour, (Vogue, US), Mark Holgate et Chioma Nnadi, le président du CFDA, Steven Kolb, Eva Chen, directrice des partenariats mode chez Instagram, les designers Diane von Furstenberg et Joseph Altuzarra. Mais aussi des Top models comme Paloma Elsesser, Jeffrey Kalinsky et  Roopal Patel.

Les robes Christophers, ce sont des robes bouffantes, colorés, des robes de gala, volumineuses ou des drappées. Sa vision a inspiré les habilleurs des personnalités, telles que Rihanna, Michelle Obama, Ashley Graham et Lizzo.

«Je suis très reconnaissant à mes parents d’avoir abandonné tout ce qui m’a permis d’être ici, à mon équipe qui, grâce à tous les emplois à temps plein et à tous les départs anticipés, nous permet de faire cette collecte, et merci au juges pour avoir vu quelque chose en moi » a déclaré le jeune designer lors de son discours de remerciement.

Après avoir obtenu son diplôme du Collège d’art et de design de Savanah en 2016, le créateur cherchait tranquillement sa voix, pendant un long temps. Puis Christopher John Rogers a déménagé son atelier à Brooklyn et s’est lancé dans la réalisations de ses collections depuis son salon.

Sur sa page Facebook le designer a publié ce message après que l’ex-Premiere Dame des Etats-Unis ait choisi un de ses modèles pour terminer sa tournée promotionnelle de son best-seller Becoming, le jour même de la Fête des Mères aux USA : «C’est un privilège et un honneur incroyable d’avoir été choisi pour habiller l’un des personnages le plus galvanisant et distingué de notre époque. Michelle LaVaughn Obama en costume # , cyan irisé sur mesure avec boutons swarovski, pour la dernière soirée de sa tournée de livres Becoming à Nashville (Tennessee) !»

«Merci Meredith Koop pour avoir remarqué le travail que nous faisons et pour nous avoir fait confiance pour donner vie à cette vision. Merci également à mon incroyable équipe pour les heures supplémentaires que vous avez consacrées à faire de ce moment une réalité», le post a été liké et partagé au mois de mai, des centaines de fois.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy  – Images Vogue/CJR

Son albinisme a décuplé sa confiance et sa détermination

Diandra Forrest est une mannequin touchée d’albinisme, l’afro-américaine a une maladie génétique rare et héréditaire caractérisée par une peau produisant nettement moins de mélanine que les autres.

L’américaine découvre sa beauté en regardant sa mère se maquiller : «Elle se maquillait peu mais subtilement, et je me souviens d’avoir toujours pensé que je ne pouvais pas attendre pour pouvoir l’imiter». Ce qu’elle aimait par dessus tout c’était son brillant à lèvres.

Femme de grande taille, les cheveux blonds et les yeux verts, tout n’a pas été simple pour Diandra Forrest qui grandi dans le Bronx à New York avec ses parents et ses deux frères, l’un l’aîné  et l’autre plus jeune, le benjamin de la famille. La jeune mannequin se confie dans Refenery 29 : «Dans le Bronx, l’albinisme était un défi. Il y avait beaucoup de taquineries. J’étais très timide et je n’ai pas fait beaucoup d’efforts pour me faire de nouveaux amis car j’ai toujours eu l’impression qu’on jugeait ma peau blanche».

Mais Diandra Forrest, même réservée résiste à cette société qui, à l’époque, ne connait pas l’albinisme. «C’était donc très difficile, mais j’ai réussi. Je viens d’une famille très unie et mes parents me soutiennent beaucoup. Ils nous ont instillé un sentiment d’amour et de force», avoue le Top Model américain.

Quand elle commence à se maquiller, Diandra Forrest devient la «beauté unique» sur les plateaux. Timide, son défi sera de se fondre dans la foule : «Je n’étais pas seulement belle, j’étais une «beauté unique» et je savais que c’était lié à mon albinisme. Je voulais changer cela parce que je pense que la beauté est la beauté. Ce ne devrait pas être «vous êtes une beauté étrange» ou «vous êtes une beauté unique». Une personne ne devrait pas être classée dans des catégories».

Selon Diandra Forrest, la beauté ne se construit pas seulement sur l’apparence d’un individu mais également à l’intérieur :«Qui vous êtes en tant que personne, ce que vous devez offrir et comment vous traitez les autres, c’est ce qui est vraiment magnifique. Mais c’est bien d’être aussi belle à l’extérieur. Aimez ce que vous êtes et soyez à l’aise dans votre peau. Parce que tu seras toi pour le reste de ta vie» reconnait la jeune mannequin, maman du petit Rocky.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Sources Refinery29/Images Facebook/R29

 

Jessica Rich fait fureur chez les stars américaines avec ses Fancy Stiletto et son So Bossy Slide

Jessica Rich a fait de sa passion, un business, aujourd’hui l’ancienne vedette de télévision dirige son entreprise florissante de chaussures de luxe. Depuis le lancement de sa boutique en ligne au début de 2015, les créations de Jessica ont été portées par des célébrités. Les soeurs Kardashian, Bella Thorne, Ashanti, Blac Chyna, Jennifer Lopez, Kesha, Lala Anthony, Lil Mama, Vanessa Simmons, Sasha Banks, Tamar Braxton n’ont d’yeux que pour les talons transparents de Jessica.

«En 2009, j’étais dans la télé-réalité, c’était mes débuts dans l’industrie du divertissement. Mais,  sans savoir quoi faire au départ, je savais que je voulais travailler dans la mode». A la télévision Jessica Rich ancienne actrice, a joué dans «Real Chance of Love» de VH1 avant de devenir la créatrice de chaussures, styliste de célébrités et fashionista.

Ensuite vient le temps des réseaux pour concrétiser son projet : Après un spectacle, vous devenez une personne connue dans le secteur et vous devez vous faire  des réseaux. raconte Jessica Rich au Magazine Beauce. «Ensuite, j’ai commencé à aller à des fêtes avec différentes célébrités, et je posais sur des tapis rouges,. Je me suis fais pas mal d’amis dans le milieu des relations publiques et de la mode.»

L’ancienne actrice chausse désormais des célébrités telles les femmes Kardashian, Cardi B, Blac Chyna, Jennifer Lopez, Jennifer Hudson, Lala Anthony, Kesha ou Tamar Braxton. La marque de la créatrice de mode autodidacte La marque a également été présentée dans Vogue, Footwear News, People, InStyle, US Weekly, E! News, Sheen Magazine et Fashion Bomb Daily.

Jessica Rich a ouvert son magasin de chaussures en ligne en 2017 et a lancé sa gamme de chaussures «Transparentes» à prix abordable, qui ravit les célébrités et séduit les blogueuses, les influenceuses et les passionnés de mode sur les réseaux sociaux. «j’ai vraiment démarré avec seulement quatre modèles et un échantillon. J’ai utilisé cet échantillon pour le vendre aux influenceurs, puis l’argent a commencé à arriver» raconte l’ancienne comédienne.

Chaque modèle reflète le style personnel de Jessica, résolument audacieux, sexy et sophistiqué. Fin de 2017, Jessica Rich a lancé «Transparent by Jessica Rich», sa première ligne de chaussures. Transparent a remporté un franc succès et a prouvé que son esthétique peut être traduite dans plusieurs catégories. L’intention de ses talons aiguilles est de les assortir à tout et tout, de donner au client une polyvalence et de lui faire économiser une nouvelle fois de l’argent sans sacrifier son style.

Cette année, la styliste a lancé sa nouvelle ligne pour hommes inspirée par l’esthétique propre à la la marque, une couronne surmontée des initiales JR.

Le Fancy Stiletto et le So Bossy Slide sont devenus son style, faisant de Jessica Rich une fashionista incontournable dans l’industrie de la mode.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Source Beauce/Image

Mo Abudu crée EbonyLife Films, soutient et finance les premières réalisations d’acteurs et d’actrices

Il faut désormais compter avec la plate forme EbonyLife Films qui ouvre la porte des studios de réalisation à de nombreux comédiens et comédiennes d’origine panafricaine.  Faire ses premiers pas dans la réalisation cinématographiques n’est pas simple, presqu’un parcours du combattant, tant les étapes sont longues et tortueuses. Aujourd’hui, c’est à un des visages du cinéma Nollywood, que la chance sourit. Funke Akindele-Bello dit Jenifa était jusque là une actrice et scénariste nigérianne.

Funke Akindele-Bello dit Jenifa

Cette star du cinéma de Nollywood, (deuxième puissance cinématographique au monde), Funke Akindele-Bello dit Jenifa a réalisé «Your Excellency». Son premier film à gros budget vient d’être dévoilé, il sera disponible sur la plate forme à partir du 13 décembre 2019.  Mo Abudu, la PDG d’EbonyLife Films s’est s’intéressée de près à  la comédienne, scénariste, productrice et actrice  Funke Akindele Bello. Elle lui a permis de réaliser son premier grand film  «Your Excellency».

Tout est possible, telle serait la devise de Mo Abudu, la première femme africaine a dirigé une chaîne de télévision panafricaine. Une plate forme devenue depuis quatre ans, la championne du box-office de fin d’année. En décembre prochain, Ebony Life Films diffusera la comédie de Funke Akindele Bello, «Votre Excellence».

Un pari risqué pour Mo Abudu? Pas si sûr car la business woman n’est pas à sa première expérience.

Mo Abudu fondatrice de EbonyLife Films

Avec «Your Excellency» (Votre Excellence), Funke Akindele-Bello sur laquelle elle mise, rejoint une classe prometteuse de stars du cinéma nigérian qui se tournent vers la réalisation. Comme l’actrice nigériane Omoni Oboli qui tourne ses propres films, Genevieve Nnaji a dirigé Lionheart, qu’elle a présenté en avant-première au Festival international du film de Toronto (TIFF) ou  Ramsey Tokunbo Nouah Junior qui remporte l’Africa Movie Academy Awards du meilleur acteur en 2010.

Jenifa, Funke Akindele-Bello a été l’une des stars de cinéma les plus rentables et les plus durables du cinéma africain. Funke Akindele-Bello, mère de jumeaux évolue tant dans le cinéma, à la télévision et voire même le théâtre. Alors inconnue, l’actrice nigérianne, Funke Akindele-Bello a joué dans I Need to Know. Le spectacle parrainé par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), se déroule dans l’école secondaire de l’Université de Lagos, il a connu un succès retentissant pendant quatre ans.

«Your Excellency» raconte l’histoire du chef Olalekan Ajadi, homme d’affaires milliardaire et candidat à la présidentielle raté, obsédé par DONALD TRUMP.

En 2014, Mo Abudu la créatrice  d’EbonyLife Films a produit «The wedding Party ».  Le film réalisé par Kemi Adetiba, a été selon les médias africains, le plus rentable de l’histoire de Nollywood, faisant plus d’entrées au Nigéria qu’une production américaine. La chaîne est diffusée depuis le 1er juillet 2013 dans 49 pays africains sur le bouquet DSTV, Channel 165.  Avant de se lancer dans l’Entertainment, Mo Abudu (Mosunmola Abudu), née à Londres est rentrée au Nigeria à l’âge de 7 ans et s’est lancée dans la production télévisuelle en 2006.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images Facebook/PulseNg/AfricanShapers

Coiffures, courbes, lèvres, quand les stars copient les femmes Noires

En janvier 2018, la star de télé-réalités Kim Kardashian en se tressant façon «tresses Fulani», comme le font les femmes noires, se faisait lapider par les internautes pour avoir fait un clin d’oeil sur un post, à l’actrice Bo Derek coiffée comme elle quarante ans plus tôt. Avec son texto «Bo West»  La fille de Kris Jenner relançait sans le savoir une nouvelle polémique sur la récupération culturelle . Mais cette mode de copier le style des femmes noires ne s’arrêtent pas seulement à Kim Kardashian West.

Les internautes très attentifs à toutes revendications identitaires sur les réseaux sociaux  n’apprécient pas et le font savoir avec virulence quand d’autres, plus tolérants, évoquent les effets du métissage ou d’une liberté créatrice, tout simplement. Evolution de la mode, enrichissement culturelle ou appropriation culturelle, personne n’est insensible à cette question. En attendant les créateurs, stylistes et coiffeurs de mode, prennent toute liberté avec les coiffures dites africaines, tresses twistées, sur le crâne, libre ou voire même afro sur les «chevelures blanches».

Kim Kardashion West  – Bo Derek actrice dans le film Elle de Blake Edwards (1979)

Les exemples sont nombreux depuis quelques années et sur tous les catwalks, on voit de plus en plus de Top models coiffées de turban, de foulard colorés noués comme le réalisent les expertes du Maré Tèt aux Antilles, en Amérique ou en Afrique.

En septembre 2017, le défilé de Marc Jacobs  illuminait les podiums de la mode avec des couleurs vives agrémentés de turbans et des mannequins caucasiennes aux yeux de Néfertiti.

A la Fashion Week d’Elie Saab Printemps-été 2020, le magazine Elle s’enthousiasmait sur les nouvelles tendances de coiffure : «Turban, bandana, ou encore tresses twistées, les experts capillaires nous délivrent leurs astuces pas à pas pour réaliser ces coiffures à l’effet waouh. Pour bousculer notre routine, on s’inspire des mises en beauté aperçues sur les derniers défilés, qui font la part belle aux jeux de nouages.»

Défilé Elie Saab

Parmi les mannequins défilant pour la nouvelle collection de Christophe Guillarmé, on observe des jeunes filles soigneusement coiffées de nattes serrées sur leur crâne à l’Atelier Renault au Champs Elysées.

Collection Printemps-Été – Christophe Guillarmé

Porter un voile ou un turban, plus qu’une tradition peut être une source d’inspiration comme le fait la créatrice indonésienne Anniesa Hasibuan qui a fait du hijab sa marque de fabrique. A la dernière Fashion Week de New York, les mannequins portaient toute un voile gris, couvrant leurs cheveux. Du coup, ce sont les traits du visage des Tops et les créations qui étaient mis en valeur.

Collection Anniesa Hasibuan – Fashion Week New York

La mode du copié-collé ne concerne pas uniquement les coiffures et make up mais aussi les courbes, les lèvres et les fesses charnues des femmes d’origines africaines. Aux Etats-Unis, des chanteuses, des starlettes, adeptes de la chirurgie esthétique se font refaire leurs courbes, pour des fesses plus charnues et plus hautes.

Kim Kardashian West, star de «Keeping Up with Kardashian» diffusée sur la chaîne E!

Si l’appropriation culturelle met en évidence les marqueurs identitaires, la question posée ne résout pas tout. Par milliers et dans la caraïbe en passant par le continent africain, les afrodescendantes qui s’habillent à l’européenne (sans aucun doute, contraintes pendant la période esclavagiste), se lissent atrocement les cheveux et s’éclaircissent dangereusement leur peau sombre  pour répondre aux dictas de la société européenne. Sont-elle assimilées ou est-ce une stratégie d’intégration?

Kelly Vedovelli

Pour avoir quelques éléments de réponses, il faut décoder l’entretien du sociologue Eric Fassin dont le Monde du 24 août 2018, publie l’intégralité de son entrevue sur le thème de Immigration et Diversité : «… L’esthétique n’est pas extérieure à la politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les rapports de pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des femmes et des minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de)».

A la question faut-il étouffer le débat lorsque les communautés puissantes puisent dans les coutumes et les représentations culturelles des minorités? Le sociologue, Eric Fassin va de son commentaire : «Si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles.»

Eric Fassin est sociologue et militant qui se revendique du courant gauchiste. Le professeur de sociologue enseigne à l’Université Paris VIII – Saint-Denis-Vincennes.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy                                         Site Web https://antillesboxmail.wordpress.com/
Images Fashion Week paris/New York